Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son arrêt n° 264 FS-D du 15 février 2018, a déclaré irrecevable une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par plusieurs sociétés dans le cadre d'un litige portant sur la régularité de clauses d'indexation dans des baux commerciaux. Les sociétés bailleresses contestaient les articles L. 112-1 et L. 112-2 du Code monétaire et financier, arguant qu'ils portaient atteinte à la liberté contractuelle et à la clarté de la loi. Toutefois, la Cour a estimé que la contestation ne portait pas sur des dispositions législatives, mais visait davantage à contester un principe jurisprudentiel concernant la nullité de clauses d'indexation.
Arguments pertinents
La Cour de cassation a soutenu que la question soulevée par les sociétés n’attaquait pas directement les dispositions législatives des articles L. 112-1 et L. 112-2 du Code monétaire et financier, mais qu'elle contestait son interprétation jurisprudentielle, à savoir l’invalidité des clauses d’indexation excluant la réciprocité des variations de loyer. La Cour précise qu’un juge ne peut pas modifier une question pour lui donner une autre qualification, ce qui a conduit à la conclusion d’irrecevabilité.
En substance, la Cour a affirmé : « la question, qui ne concerne pas des dispositions législatives, est irrecevable. »
Interprétations et citations légales
La décision s’appuie sur des éléments de droit qui soulignent la nécessité d’une distinction entre les textes de loi contestés et les principes jurisprudentiels. Elle rappelle également que les articles L. 112-1 et L. 112-2 du Code monétaire et financier sont conçus pour encadrer les pratiques du marché, mais que l’interprétation donnée par la jurisprudence sur les clauses d’indexation n’est pas en elle-même l’objet d’un contrôle constitutionnel.
Par conséquent, la Cour a formulé son appréciation en se basant sur le fait que, bien que la question posée pût être reformulée pour clarté, elle relevait d’une démarche dépassant le champ des dispositions législatives en question. La Cour a souligné : « Toutefois, la question posée [...] est [...] de déterminer si [...] sont ou non conformes aux articles 4, 5, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 et 34 de la Constitution [...] »
Ainsi, pour cette décision, la Cour opère une défense de la linéarité et de l’intelligibilité du droit en excluant les contestations de portée jurisprudentielle du champ des questions prioritaires de constitutionnalité, s’appuyant sur les audiences passées qui définissent des limites claires entre les champs d'action législative et jurisprudentielle.