Résumé de la décision :
La Cour de cassation, dans son arrêt n° 208 F-D du 18 janvier 2018, a statué sur le pourvoi formé par la société Thierry Mugler contre un arrêt de la cour d'appel de Paris. Le litige opposait Thierry Mugler à la société belge M Diffusion, qui n'avait pas constitué avocat. La Cour a décidé de surseoir à statuer sur le pourvoi, en raison de l'absence de preuve de la signification du mémoire ampliatif à la société M Diffusion en Belgique, comme l’exige le règlement (CE) n° 1393/2007. La société Thierry Mugler a été tenue de justifier, dans un délai de quatre mois, que toutes les démarches avaient été effectuées pour établir la signification.
Arguments pertinents :
1. Absence de preuve de signification : La Cour a souligné qu'étant donné que la société M Diffusion n'avait pas constitué d'avocat, il était nécessaire de produire une preuve de la signification du mémoire ampliatif, conformément au règlement (CE) n° 1393/2007. La décision stipule : « le demandeur au pourvoi a déposé... une demande de notification de ce mémoire... Cependant, aucun avis de réception de cet acte par l'entité requise n'a été produit. »
2. Sursis à statuer : Le jugement établit qu'il convenait de surseoir à statuer tant qu'il n'était pas clairement prouvé que l'acte de signification avait été réalisé. L’absence d’attestation d’exécution de la signification empêche la Cour d'examiner le fond du différend : « il convient de surseoir à statuer tant qu'il n'est pas établi que l'acte a été signifié ou effectivement remis au défendeur. »
Interprétations et citations légales :
1. Règlement (CE) n° 1393/2007 : Ce règlement régit la signification et notification des actes judiciaires dans les États membres. L'article 19, paragraphes 1 et 2, précise que « la signification doit être effectuée par l'entité requise, conformément aux règles de procédure de l'État membre requis », et qu’il est important de fournir une preuve de cette signification.
2. Justifications des démarches effectuées : La Cour exige que Thierry Mugler fasse la preuve, dans un délai de quatre mois, que toutes les démarches nécessaires pour signifier le mémoire amplifié ont été correctement entreprises. La structure de la décision implique que, en l’absence de cette preuve, le pourvoi pourra être radié, ce qui souligne l'importance des formalités dans le cadre de procédures judiciaires internationales.
La décision met donc en lumière l'importance de respecter les procédures de notification, en précisant que tout manquement à ces exigences peut entraîner des conséquences sur le droit de se faire entendre et sur le bon déroulement du processus judiciaire.