Résumé de la décision
Le 29 septembre 2021, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de M. [U], qui contestait l'arrêt de la cour d'appel de Grenoble du 31 janvier 2019. Dans cette décision, M. [U] avait été débouté de sa demande d'indemnité de fin de contrat et de congés payés, au motif que sa relation de travail avec la société My Construction s'était poursuivie en contrat à durée indéterminée après l'échéance initiale du contrat à durée déterminée. La Cour a considéré que le moyen de cassation invoqué n'était pas de nature à entraîner la cassation.
Arguments pertinents
La cour d'appel a rejeté la demande de M. [U] au motif que son contrat à durée déterminée (CDD) s'était transformé en contrat à durée indéterminée (CDI) du fait de la poursuite de son travail après la date d'échéance initiale, ce qui le privait de l'indemnité de fin de contrat. La Cour de cassation a confirmé que dans le cadre de l'article L. 1243-8 du Code du travail, l'indemnité est due uniquement lorsque les relations de travail ne sont pas poursuivies par un CDI. En conséquence, ce dernier n'était pas en droit de réclamer cette indemnité, car son emploi avait continué, ce qui a pour effet de rendre la demande « manifestement infondée ».
Interprétations et citations légales
1. Interprétation des relations de travail : La cour d'appel a interprété les faits selon les stipulations de l'article L. 1243-8 du Code du travail, qui stipule que l'indemnité de fin de contrat est destinée à compenser la précarité du salarié lorsqu'un CDD n'est pas suivi d'un CDI. La transformation du CDD en CDI a eu lieu en raison de la poursuite du travail sans interruption, ce qui a été suffisant pour ne pas octroyer l'indemnité.
Citation pertinente :
- « Lorsque, à l'issue d'un contrat à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit à titre de complément de salaire à une indemnité de fin de contrat » (Code du travail - Article L. 1243-8).
2. Limites du pouvoir du juge : M. [U] a contesté la requalification de son contrat sans demande formelle de sa part, invoquant l'article L. 1245-1 du Code du travail. Il soutenait que seule une demande explicite du salarié pouvait amener à une telle requalification du contrat.
Citation pertinente :
- « [...] le juge ne peut, en application de l'article L. 1245-1 du code du travail, requalifier d'office un contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée » (Code du travail - Article L. 1245-1).
La décision de la Cour de cassation souligne l'importance du statut d'emploi et des conséquences qui en découlent pour les droits des travailleurs en matière d'indemnités de fin de contrat. La transformation du CDD en CDI par la continuation du travail protège les droits de l'employé en offrant une plus grande sécurité de l'emploi, tout en restreignant la possibilité de revendiquer une indemnité de fin de contrat. Cette décision illustre également les limites de l'autonomie de l'employé concernant la requalification de son contrat.