Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Dora Y..., épouse de Y..., contre un arrêt de la Cour d'appel de Colmar, daté du 9 mars 1962. Cette dernière l'avait condamnée à trois mois d'emprisonnement avec sursis et à des amendes fiscales pour des faits de contrebande. La cour a jugé que Dora avait coopéré activement à un plan de fraude orchestré par son mari, ce qui a conduit à sa condamnation.
Arguments pertinents
1. Coopération active : La Cour d'appel a établi que Dora Y... avait joué un rôle actif dans la contrebande en retirant des colis à la gare, en étant informée par son mari des détails nécessaires pour établir des factures. Cela a été considéré comme une coopération à un ensemble d'actes frauduleux, justifiant ainsi sa condamnation.
> "Son mari Y... l'avait chargée à plusieurs reprises de retirer à la gare de l'Est des colis expédiés à son nom, en provenance de Strasbourg."
2. Absence de nécessité de connaissance du plan : La Cour a précisé que pour être considérée comme intéressée à un délit de contrebande, il n'était pas nécessaire que Dora ait eu connaissance du plan de fraude. La simple coopération à des actes accomplis dans le cadre d'un plan frauduleux suffisait.
> "Le texte n'exige nullement, pour son application, la connaissance du plan de fraude, ni que l'exécution du plan de fraude ait été achevée."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur l'interprétation de l'article 399 du Code des douanes, qui stipule que :
- Code des douanes - Article 399, paragraphe 2, B : "Sont réputés intéressés à un délit de contrebande ceux qui ont coopéré d'une manière quelconque à un ensemble d'actes accomplis par un certain nombre d'individus agissant de concert, d'après un plan de fraude arrêté pour assurer le résultat poursuivi en commun."
Cette disposition est interprétée de manière large, permettant de considérer comme coupable toute personne ayant participé, même de façon indirecte, à des actes de contrebande, sans qu'il soit nécessaire d'établir une connaissance explicite du plan de fraude. Cela souligne l'importance de la coopération dans le cadre de la responsabilité pénale en matière de contrebande.
En conclusion, la Cour de cassation a validé la décision de la Cour d'appel en considérant que les éléments de preuve établis suffisaient à justifier la condamnation de Dora Y..., sans qu'il soit nécessaire d'établir sa connaissance du plan de fraude.