Résumé de la décision
Dans cette affaire, André X..., un marchand ambulant, a été condamné par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence à cinq amendes de 20 francs chacune pour avoir contrevenu à un arrêté municipal interdisant la vente ambulante dans certaines zones de Cannes pendant la présence de navires de guerre étrangers. X... a formé un pourvoi en cassation, contestant la légalité de l'arrêté municipal et soutenant qu'il avait été pris pour des motifs de détournement de pouvoir. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant la légalité de l'arrêté et la compétence du maire à prendre de telles mesures pour des raisons de police et de bon ordre.
Arguments pertinents
1. Légalité de l'arrêté municipal : La Cour a affirmé que l'arrêté du maire de Cannes était conforme aux pouvoirs qui lui sont conférés par la loi. Elle a déclaré que "l'ARRETE CONTESTE AVAIT ETE PRIS DANS UN INTERET DE POLICE ET DE BON ORDRE", ce qui justifie son existence et son application.
2. Rejet de l'exception de détournement de pouvoir : La Cour a rejeté l'argument de X... selon lequel l'arrêté avait été pris pour favoriser le commerce sédentaire. Elle a précisé que "CE N'APPARTIENT PAS A LA COUR D'ORDONNER LA COMMUNICATION D'UNE PIECE STRICTEMENT CONFIDENTIELLE NI D'ORDONNER L'ENQUETE SOLLICITEE", soulignant que les juges n'étaient pas tenus de prendre en compte des éléments non publics.
3. Constatation des faits : La Cour a constaté que les faits établis par les procès-verbaux étaient suffisants pour justifier la condamnation de X..., affirmant qu'aucun élément ne contredisait les mentions de l'arrêté.
Interprétations et citations légales
1. Pouvoirs du maire : La décision s'appuie sur les articles 97 et 98 de la loi du 5 avril 1884, qui confèrent au maire des pouvoirs en matière de police municipale. L'arrêté a été jugé conforme à ces dispositions, permettant ainsi au maire de réglementer l'exercice des professions ambulantes pour des raisons de sécurité publique.
- Loi du 5 avril 1884 - Article 97 : Cet article stipule que le maire est responsable de la police municipale et peut prendre des mesures pour assurer la sécurité et l'ordre public.
2. Détournement de pouvoir : La Cour a rejeté l'argument selon lequel l'arrêté avait été pris pour des motifs illégaux. Elle a souligné que les juges du fond avaient correctement évalué la légitimité de l'arrêté, en se basant sur les motifs déclarés dans celui-ci, à savoir la sécurité publique.
3. Inexactitude matérielle des faits : La Cour a noté que l'argument de X... concernant l'inexactitude des faits n'avait pas été suffisamment étayé, ce qui a conduit à la confirmation de la décision des juges du fond.
En conclusion, la Cour de cassation a validé la décision de la Cour d'appel, confirmant que l'arrêté municipal était légal et que les amendes infligées à X... étaient justifiées.