Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par la veuve de l'ouvrier pelleteur X..., décédé dans un accident survenu le 30 janvier 1962, lorsque un rocher de plusieurs tonnes est tombé sur lui alors qu'il était aux commandes de sa pelle mécanique. La cour d'appel avait précédemment conclu qu'il n'y avait pas de faute inexcusable de l'employeur, la responsabilité de l'accident étant attribuée à une série de circonstances imprévisibles et à la décision de X... de s'engager dans une opération dangereuse malgré les avertissements de son camarade de travail.
Arguments pertinents
1. Absence de lien entre la fatigue et l'accident : La cour a constaté que, même si X... avait pu être soumis à un horaire de travail excessif, cela n'avait pas de lien direct avec l'accident, qui s'est produit durant une pause. La cour a affirmé que "la fatigue résultant d'un horaire excessif de travail imposé à X..., à la supposer établie, est sans relation avec l'accident".
2. Normalité des procédures de sécurité : La cour a relevé que le procédé d'extraction des matériaux était conforme aux normes et qu'aucune infraction à la réglementation n'avait été constatée par le service des mines. Elle a noté que "l'obligation de miner préalablement les blocs d'un poids supérieur à une tonne était seulement en relation avec la capacité de broyage des concasseurs".
3. Imprévisibilité de l'accident : La cour a conclu que l'accident était dû à un "fâcheux concours de circonstances" et que l'employeur ne pouvait pas prévoir le danger auquel son employé s'exposait, ce qui a conduit à la décision de ne pas imputer la faute inexcusable à l'employeur.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur des principes de droit du travail et de la responsabilité civile, notamment en ce qui concerne la notion de faute inexcusable de l'employeur. Selon le Code du travail, l'employeur a une obligation de sécurité envers ses employés, mais cette obligation est limitée par la prévisibilité des dangers.
- Code du travail - Article L. 4121-1 : Cet article impose à l'employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses travailleurs. Toutefois, la cour a interprété que cette obligation ne s'étend pas à des événements imprévisibles, comme le glissement soudain d'un rocher.
La décision souligne également que la responsabilité de l'employeur ne peut être engagée que si une faute inexcusable est prouvée, ce qui implique un manquement grave à ses obligations de sécurité. La cour a jugé que, dans ce cas, l'employeur avait respecté ses obligations et que l'accident était survenu malgré cela.
En conclusion, la cour a rejeté le pourvoi en considérant que les circonstances de l'accident ne pouvaient pas être imputées à une faute inexcusable de l'employeur, ce qui a permis de maintenir la décision de la cour d'appel.