Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant Jacques X..., fournisseur de lambourdes, à Z..., entrepreneur de menuiserie, la Cour d'appel de Rennes a condamné Z... à remplacer des lambourdes et lames de parquets en mauvais état, tout en ordonnant à Jacques X... de garantir Z... en raison de la présence de vices cachés dans les matériaux fournis. Jacques X... a contesté cette décision, arguant que les vices étaient apparents et qu'il ne pouvait être tenu responsable. La Cour a rejeté son pourvoi, confirmant que les vices étaient cachés et que Jacques X..., en tant qu'industriel du bois, ne pouvait ignorer ces défauts.
Arguments pertinents
1. Sur la nature des vices : La Cour a établi que Jacques X... ne pouvait pas soutenir que les lambourdes avaient pu être atteintes après la livraison, en se basant sur les expertises qui concluaient à une "livraison de bois contaminés". La Cour a affirmé que "le vice était caché", ce qui signifie que Z... n'aurait pas pu accepter des lambourdes apparemment vicieuses.
2. Sur la responsabilité du vendeur : La Cour a souligné que la connaissance des vices par le vendeur n'est pas nécessaire pour engager sa responsabilité, en affirmant que "doit être assimilé au vendeur qui connaissait les vices de la chose vendue celui qui, par sa profession, ne pouvait les ignorer". Cela signifie que Jacques X..., en tant qu'industriel du bois, avait une obligation de diligence accrue.
Interprétations et citations légales
1. Vices cachés et responsabilité du vendeur : La décision s'appuie sur le principe des vices cachés, qui est généralement régi par le Code civil. Selon le Code civil - Article 1641, "le vendeur est tenu de la garantie des vices cachés de la chose vendue". La Cour a interprété cet article en précisant que la connaissance des vices par le vendeur n'est pas une condition sine qua non pour engager sa responsabilité, surtout lorsqu'il s'agit d'un professionnel.
2. Charge de la preuve : La décision met en lumière la question de la charge de la preuve concernant les vices cachés. Selon le Code civil - Article 1648, "l'action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l'acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice". La Cour a noté que la charge de la preuve du vice caché incombe à l'acquéreur, mais dans ce cas, les expertises ont suffi à établir la présence de vices cachés, ce qui a permis à la Cour d'accorder la garantie.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Rennes illustre l'application des principes de responsabilité du vendeur en matière de vices cachés, en tenant compte de la profession de Jacques X... et de son obligation de diligence.