Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre la société Pradon et l'administration des douanes suite à l'importation de deux lots de cannelle de Chine. La société a dédouané ces marchandises sous des licences d'importation, mais l'administration a constaté que les produits avaient été revendus avant leur dédouanement, entraînant une assignation de la société pour une infraction douanière. Les juges du fond ont débouté l'administration, affirmant que la société avait respecté les dispositions du Code des douanes. Toutefois, la Cour de cassation a cassé et annulé le jugement en ce qui concerne la fausse déclaration du destinataire, renvoyant l'affaire devant la cour d'appel de Nîmes.
Arguments pertinents
1. Sur la valeur déclarée : Le jugement attaqué a été critiqué pour ne pas avoir retenu le prix de revente comme base de la valeur à déclarer. Cependant, les juges ont constaté que la société Pradon avait déclaré le prix d'achat majoré des frais jusqu'au lieu d'importation, sans preuve que ce prix soit inférieur aux autres prix définis par l'article 35 du Code des douanes. Ainsi, le jugement a été justifié par le respect des dispositions légales.
- Citation pertinente : "LA PREUVE N'EST PAS RAPPORTEE QUE CE PRIX SOIT INFERIEUR AUX AUTRES PRIX DEFINIS PAR LEDIT ARTICLE."
2. Sur l'infraction douanière : L'administration des douanes a soutenu que la société avait commis une infraction en ne déclarant pas des marchandises prohibées. Cependant, les juges ont établi que les licences avaient accompagné la marchandise et qu'aucune opération interdite n'avait été pratiquée.
- Citation pertinente : "AUCUNE DES OPERATIONS SUR LES LICENCES, INTERDITES PAR L'ARTICLE 38 DU CODE DES DOUANES, N'A ETE PRATIQUEE."
3. Sur la fausse déclaration du destinataire : La Cour a relevé que le tribunal n'avait pas examiné si la vente de la marchandise flottante avait affecté la qualité de destinataire réel de la société au moment du dédouanement. Cela a conduit à une absence de base légale pour le rejet de la demande de l'administration.
- Citation pertinente : "LE TRIBUNAL, EN REJETANT LA DEMANDE DE L'ADMINISTRATION, N'A PAS DONNE DE BASE LEGALE A SA DECISION."
Interprétations et citations légales
1. Article 35 du Code des douanes : Cet article définit les bases de la valeur à déclarer pour les marchandises importées. Il stipule que le prix d'achat ou le prix de gros sur le marché intérieur du pays d'origine doit être retenu, excluant le prix de revente. Les juges ont interprété cet article en faveur de la société, considérant que le prix déclaré était conforme aux exigences légales.
- Citation : "L'ANCIEN ARTICLE 35 DU CODE DES DOUANES DE 1949 [...] N'A RETENU COMME BASE DE LA VALEUR A DECLARER, A L'EXCLUSION DU PRIX DE REVENTE, QUE LE PRIX D'ACHAT DES MARCHANDISES IMPORTEES."
2. Article 412-3 du Code des douanes : Cet article traite des fausses déclarations concernant le destinataire réel des marchandises. La Cour a souligné que toute fausse déclaration dans ce contexte est passible de confiscation et d'amende, ce qui a conduit à la nécessité d'examiner si la société pouvait encore être considérée comme le destinataire réel après la vente.
- Citation : "TOUTE FAUSSE DECLARATION DANS LA DESIGNATION DU DESTINATAIRE REEL DE MARCHANDISES IMPORTEES SOUS LICENCE, CONSTITUE UNE CONTRAVENTION DOUANIERE."
En conclusion, la décision met en lumière les complexités du droit douanier et l'importance d'une interprétation rigoureuse des textes législatifs en matière d'importation et de dédouanement. La Cour de cassation a ainsi réaffirmé la nécessité de respecter les procédures et les définitions légales tout en sanctionnant les infractions douanières.