Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre Veuve X..., propriétaire d'un local à Paris, et Dame Y... ainsi que d'autres parties, au sujet d'une servitude d'accès à ses pièces du premier étage via une pièce du lot no 4 appartenant à Dame Y.... Veuve X... avait précédemment été locataire du local avant d'en devenir propriétaire en 1958. Elle a intenté une action en réintégration contre Dame Y... et d'autres, à la suite de la condamnation de la porte permettant cet accès. La Cour d'appel a débouté Veuve X... de sa demande, considérant que l'action ne relevait pas de la compétence du juge du possessoire.
Arguments pertinents
1. Incompétence du juge du possessoire : La Cour d'appel a souligné que l'action de Veuve X... visait à faire respecter des obligations conventionnelles découlant du règlement de copropriété. Par conséquent, le juge du possessoire n'était pas compétent pour connaître de cette action. La Cour a affirmé que "le juge du possessoire, tant de première instance que d'appel, ne pouvait connaître, comme n'entrant pas dans sa compétence, de l'action de la Veuve X...".
2. Inexécution d'une convention : La Cour a rappelé que l'inexécution d'une convention ne peut donner lieu à une action possessoire. Elle a précisé que "la partie qui se plaint de cette inexécution doit agir, selon le cas, par l'action personnelle ou réelle née du contrat intervenu". Cela implique que Veuve X... devait agir sur la base des conventions et non sur la base d'une prétendue possession.
3. Lien entre possession et conventions : La Cour a noté que le trouble allégué par Veuve X... était en réalité une privation de jouissance liée à l'inexécution des conventions, que ce soit le contrat de bail ou le règlement de copropriété. Cela a renforcé l'idée que l'action ne pouvait pas être fondée sur la possession seule.
Interprétations et citations légales
1. Inexécution des obligations conventionnelles : La décision met en avant le principe selon lequel l'inexécution d'une convention ne peut pas justifier une action possessoire. Ce principe est fondamental dans le droit des obligations et est souvent cité dans les décisions judiciaires. La Cour a affirmé que "l'inexécution d'une convention ne peut donner lieu à l'action possessoire", ce qui est conforme à la jurisprudence établie.
2. Compétence du juge : La décision rappelle que le juge du possessoire ne peut pas se prononcer sur des questions relevant d'obligations contractuelles. Cela est soutenu par la citation : "le juge du possessoire, tant de première instance que d'appel, ne pouvait connaître, comme n'entrant pas dans sa compétence, de l'action de la Veuve X...".
3. Règlement de copropriété : La Cour a également souligné que les droits et obligations découlant du règlement de copropriété sont essentiels dans ce type de litige. La référence à la nécessité d'agir selon les obligations conventionnelles est une interprétation clé du Code civil, notamment en ce qui concerne les relations entre copropriétaires.
En résumé, cette décision illustre l'importance de la distinction entre possession et obligations contractuelles, ainsi que la nécessité de respecter les compétences des juridictions en matière d'actions possessoires.