Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant les époux X... à la société des grandes brasseries et malteries de Champigneulles, la cour d'appel de Nancy a rendu un arrêt le 16 juin 1961, confirmant que les époux X... étaient tenus de respecter leur engagement contractuel de se fournir exclusivement auprès de la société de brasseries pour une durée de cinq ans. Malgré l'interruption de l'exécution du contrat par les époux X..., la cour a jugé que cette interruption était due à leur propre faute, justifiant ainsi l'imposition de l'exécution du contrat. Le pourvoi formé par les époux X... a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Sur la validité de l'arrêt : Le premier moyen soulevé par les époux X... était que l'arrêt ne contenait pas les conclusions des parties ni les qualités, en violation des articles 141 et 142 anciens du Code de procédure civile. La cour a rejeté cet argument en précisant que l'instance d'appel avait été engagée après la suppression de l'exigence des qualités et que l'arrêt contenait l'objet de la demande et l'exposition des moyens des parties.
- Citation pertinente : "L'instance d'appel a été engagée le 10 avril 1959, postérieurement au 2 mars 1959, date d'application des dispositions qui ont supprimé l'exigence des qualités."
2. Sur l'exécution du contrat : Le deuxième moyen contestait la prolongation de l'exécution du contrat par la cour d'appel. Les époux X... soutenaient que la décision de prolonger l'exécution de quatre années était incohérente avec la durée initiale de cinq ans. La cour a statué que l'interruption était due à la faute des époux X..., qui n'avaient pas prouvé l'impossibilité d'exécuter le contrat.
- Citation pertinente : "La cour d'appel a, sans se contredire, légalement justifié sa décision."
3. Sur la résiliation du contrat : Le troisième moyen avançait que le contrat avait été résilié par la société des brasseries, ce que la cour a nié en affirmant qu'une renonciation ne se présume pas. La cour a également précisé que les époux X... avaient eux-mêmes invité la brasserie à retirer le matériel, ce qui contredisait leur prétention de résiliation.
- Citation pertinente : "La cour d'appel a répondu aux conclusions prétendument laissées sans réponse."
Interprétations et citations légales
1. Articles du Code de procédure civile : Les articles 141 et 142 anciens du Code de procédure civile, qui imposaient des exigences sur la forme des arrêts, ont été abrogés avant l'engagement de l'instance d'appel. Cela a permis à la cour d'écarter les critiques sur la forme de l'arrêt.
- Code de procédure civile - Article 141 : "Les arrêts doivent contenir les noms et qualités des parties."
- Code de procédure civile - Article 142 : "Les arrêts doivent contenir les conclusions des parties."
2. Contrat et obligation de faire : La cour a rappelé que l'engagement des époux X... était valable pour une durée de cinq ans et que leur propre faute justifiait l'exécution du contrat. L'article 1134 du Code civil stipule que les contrats doivent être exécutés de bonne foi.
- Code civil - Article 1134 : "Les contrats doivent être exécutés de bonne foi."
3. Renonciation et novation : La cour a précisé que la novation, qui aurait pu mettre fin à l'obligation de se fournir exclusivement auprès de la brasserie, n'était pas prouvée par les époux X..., qui n'ont pas démontré l'existence d'un nouveau contrat remplaçant le précédent.
- Code civil - Article 1271 : "La novation est l'acte par lequel une obligation est éteinte par une nouvelle obligation."
En conclusion, la décision de la cour d'appel de Nancy a été fondée sur une interprétation rigoureuse des obligations contractuelles et des éléments de preuve présentés, rejetant les arguments des époux X... sur la forme et le fond.