Résumé de la décision
Dans cette affaire, un autocar de la Régie départementale des chemins de fer et autobus de la Drôme, conduit par A..., est entré en collision avec un camion appartenant à B..., causant des blessures à des passagers, dont les époux X..., et des dommages aux deux véhicules. A... a été relaxé en première instance pour délit de blessures involontaires. Les époux X... ont ensuite assigné la Régie en responsabilité contractuelle, qui a appelé en garantie B... et son chauffeur, tout en sollicitant des dommages-intérêts pour les dommages subis par son véhicule. La cour d'appel a confirmé que l'accident était causé par l'autocar, et a rejeté le pourvoi de la Régie, affirmant que la relaxe d'A... ne remettait pas en cause la responsabilité de l'autocar.
Arguments pertinents
1. Absence de faute de A... : La cour d'appel a rappelé que la relaxe de A... était fondée sur l'absence de toute faute de sa part, ce qui ne signifie pas que l'autocar n'était pas responsable de l'accident. La cour a noté que "l'enquête démontrait que l'autocar avait heurté sur le côté gauche", indiquant ainsi que le camion n'était pas l'instrument du dommage.
2. Autorité de la chose jugée : La cour a précisé que "l'autorité de la chose jugée par la juridiction répressive ne s'attache qu'aux motifs qui sont le soutien indispensable de la décision". Cela signifie que la décision de relaxe ne peut pas être interprétée comme une exonération de responsabilité pour l'accident causé par l'autocar.
3. Responsabilité de la Régie : La cour a conclu que la Régie était responsable des dommages causés par son autocar, car "le véhicule dont il avait la garde n'avait pas été l'instrument du dommage, n'ayant fait que subir l'action étrangère de l'autocar".
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1384 alinéa 1er : Cet article stipule que "on est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre". Dans cette affaire, la Régie a invoqué cet article pour appeler en garantie B... et son chauffeur, en soutenant que l'accident était causé par l'autocar.
2. Absence de faute : La décision souligne que le jugement de relaxe d'A... repose sur l'absence de faute, ce qui est crucial pour déterminer la responsabilité. La cour a affirmé que "le jugement de relaxe était fondé sur le fait qu'il n'était pas établi que A... ait commis une faute", ce qui ne contredit pas la responsabilité de l'autocar.
3. Distinction entre responsabilité pénale et civile : La décision met en lumière la distinction entre la responsabilité pénale (où A... a été relaxé) et la responsabilité civile (où la Régie est reconnue responsable). La cour a précisé que "les juges du fond, sans méconnaître le principe visé au moyen, ont donné une base légale à leur décision", soulignant ainsi que la relaxe pénale ne préjuge pas de la responsabilité civile.
En somme, cette décision illustre la complexité des interactions entre responsabilité pénale et civile, ainsi que l'importance des faits établis dans le cadre d'une décision judiciaire.