Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de X..., qui contestait un arrêt de la Cour d'appel de Paris. X... soutenait que la citation délivrée à Paris était nulle, car il se trouvait à la Guadeloupe à cette date et avait son principal établissement là-bas. Il contestait également la compétence du Conseil de prud'hommes de la Seine, arguant qu'il n'y avait pas de preuve que le contrat de travail litigieux avait été conclu à Paris. Enfin, il contestait sa qualification de commerçant. La Cour a confirmé la validité de la citation et la compétence du Conseil de prud'hommes, tout en reconnaissant le statut de commerçant de X....
Arguments pertinents
1. Validité de la citation : La Cour d'appel a constaté que X... avait un domicile commercial à Paris, où il exerçait son activité. Elle a jugé que la citation remise à cette adresse était valide, même si X... avait son principal établissement à la Guadeloupe. La Cour a affirmé que "le domicile d'un employeur, en tant que tel, se trouve à son domicile commercial ou industriel", ce qui a permis de valider la citation.
2. Compétence du Conseil de prud'hommes : La Cour a souligné que c'était à X..., en tant que demandeur à l'exception, de prouver l'incompétence de la juridiction saisie. Elle a noté qu'aucun élément du dossier ne soutenait que le contrat de travail avait été passé à la Guadeloupe, justifiant ainsi la compétence du Conseil de prud'hommes de la Seine.
3. Statut de commerçant : La Cour a constaté que X... s'était déclaré "commerçant en gros de fruits frais et de fruits exotiques" et que ses activités incluaient la vente de bananes achetées. Elle a conclu que ces éléments constituaient des présomptions suffisantes pour établir son statut de commerçant.
Interprétations et citations légales
1. Domicile commercial : La décision s'appuie sur le Code civil - Article 102, qui définit le domicile comme le lieu où une personne a son principal établissement. La Cour a interprété que, bien que X... ait son principal établissement à la Guadeloupe, son domicile commercial à Paris était suffisant pour valider la citation.
2. Compétence juridictionnelle : Selon le Code civil - Article 1315, il incombe à celui qui réclame l'exécution d'une obligation de prouver l'existence de cette obligation. La Cour a appliqué ce principe pour affirmer que c'était à X... de prouver que le Conseil de prud'hommes n'était pas compétent, ce qu'il n'a pas fait.
3. Statut de commerçant : La qualification de commerçant est régie par le Code de commerce - Article 1er, qui stipule que sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. La Cour a interprété que la vente de bananes, qu'elles soient produites ou achetées, relevait de cette définition, justifiant ainsi le statut de X... en tant que commerçant.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation rigoureuse des textes législatifs et une évaluation des faits qui soutiennent la validité de la citation, la compétence du Conseil de prud'hommes et le statut de commerçant de X....