Résumé de la décision
Dans cette affaire, X..., chef monteur à la société de lift Schindler, a été impliqué dans un accident survenu le 23 juin 1958, lors de travaux de réfection sur un ascenseur aux Galeries de Mulhouse. X... et deux ouvriers des Galeries, dont Y..., ont été blessés à la suite de la chute de l'ascenseur dans lequel ils se trouvaient. La cour d'appel avait initialement décidé que la société Schindler ne pouvait être considérée comme un tiers responsable vis-à-vis de Y..., en raison de la nature de la relation de travail entre les parties. Cependant, la Cour de cassation a cassé cette décision, estimant que la cour d'appel n'avait pas correctement interprété les éléments de subordination et de responsabilité.
Arguments pertinents
1. Subordination et Responsabilité : La cour d'appel a conclu que les ouvriers n'étaient pas sous la subordination de la société Schindler, mais plutôt sous celle des Galeries. Cependant, la Cour de cassation a souligné que, selon le témoin Nuss, X... était le seul à pouvoir donner des ordres techniques aux ouvriers, ce qui implique une relation de subordination. La citation pertinente ici est : "X... seul avait à donner des ordres aux deux ouvriers du fait que ce dernier seul pour ce travail technique était capable de donner des ordres également techniques".
2. Assistance Technique vs Prêt de Main-d'Œuvre : La cour d'appel a qualifié la relation entre les Galeries et Schindler d'« assistance technique », sans prêt de main-d'œuvre. La Cour de cassation a contesté cette interprétation, notant que les ouvriers ne pouvaient pas apporter une assistance technique sans être subordonnés à X... pour le travail spécifique à réaliser. Cela remet en question la nature de la relation de travail et la responsabilité qui en découle.
Interprétations et citations légales
1. Article 7 de la loi du 20 avril 1810 : Cet article traite des responsabilités en matière d'accidents du travail. Il stipule que l'employeur peut être tenu responsable des accidents survenus à ses employés dans le cadre de leur travail, ce qui soulève la question de la subordination et de la responsabilité.
2. Article 470 du Code de la Sécurité Sociale : Cet article précise les conditions dans lesquelles un employeur peut être considéré comme responsable des accidents du travail. Il est essentiel de déterminer si les ouvriers étaient sous la subordination de la société Schindler au moment de l'accident, ce qui aurait des implications sur la responsabilité de la société.
La Cour de cassation a ainsi mis en avant l'importance de la subordination dans la détermination de la responsabilité en matière d'accidents du travail, soulignant que la simple assistance technique ne suffit pas à écarter la responsabilité d'un employeur si une relation de subordination existe.