Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Cour d'appel de Paris a été saisie d'un appel interjeté par X... contre une ordonnance de référé rendue par défaut, qui avait admis la clause résolutoire d'un bail le liant à Y.... X... contestait la validité de la signification de l'ordonnance, arguant que celle-ci n'avait pas fait courir les délais d'appel. La Cour a jugé que la signification effectuée à domicile élu était valable et que l'appel était donc recevable. Concernant la clause résolutoire, la Cour a estimé que le constat d'huissier ne prouvait pas de manière suffisante le défaut de garnissement des lieux loués, ce qui a conduit à rejeter l'application de cette clause. En conséquence, le pourvoi formé par Y... a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Sur la recevabilité de l'appel : La Cour a constaté que tous les actes de procédure avaient été signifiés à domicile élu, ce qui est conforme à l'article III du Code civil. Elle a précisé que cette élection de domicile ne s'étendait pas aux décisions par défaut, respectant ainsi les droits de la défense. La Cour a affirmé : « cette faculté ne s'étend pas aux décisions par défaut rendues pour l'exécution de la convention ».
2. Sur la clause résolutoire : La Cour a jugé que l'expulsion ne pouvait être ordonnée que si le défaut de garnissement était suffisamment établi. Elle a noté que l'huissier n'avait pas pu pénétrer dans les lieux pour vérifier la présence des biens, ce qui a conduit à la conclusion que le constat ne prouvait pas l'absence de toiles de valeur. La Cour a déclaré : « N'ayant pu pénétrer dans l'atelier du sieur X..., l'huissier n'avait pas été en mesure d'établir l'absence de toiles de valeur ».
Interprétations et citations légales
1. Concernant la signification à domicile élu : La Cour a interprété l'article III du Code civil, qui permet de déterminer une élection de domicile dans un contrat pour son exécution. Elle a précisé que cette élection est valable pour les significations d'actes mais pas pour les décisions par défaut, respectant ainsi le droit à un procès équitable.
- Code civil - Article III : « Les actes de procédure peuvent être signifiés à la personne qui a fait élection de domicile dans le contrat. »
2. Concernant la clause résolutoire : La Cour a appliqué l'article 1134 du Code civil, qui stipule que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi pour ceux qui les ont faites. Elle a souligné que la clause résolutoire ne pouvait être appliquée que si le défaut de garnissement était prouvé, ce qui n'était pas le cas ici.
- Code civil - Article 1134 : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. »
En conclusion, la décision de la Cour d'appel a été fondée sur une interprétation rigoureuse des textes législatifs, respectant les droits des parties et les principes de la procédure civile.