Résumé de la décision
Dans cette affaire, Dame X... et son fils, ayant réservé des places dans le wagon n° 72 d'un train, ne trouvant pas leur wagon à son emplacement, ont tenté de monter dans le wagon n° 71 alors que le train se mettait en marche. Dame X... est tombée et a subi de graves blessures. La Cour d'appel a retenu une part de responsabilité de la SNCF, malgré la faute des voyageurs, en considérant que la SNCF n'avait pas respecté son obligation de sécurité. Le pourvoi formé par la SNCF a été rejeté par la Cour de cassation.
Arguments pertinents
1. Responsabilité du transporteur : La Cour d'appel a fondé sa décision sur l'inexécution de l'obligation de sécurité pesant sur la SNCF, estimant que celle-ci n'avait pas prouvé l'existence d'une cause étrangère exonératoire. La Cour a noté que « la faute commise par Dame X... et par son fils n'apparaît donc pas absolument imprévisible et inévitable ».
2. Intervention des agents de la SNCF : Bien que les agents de la SNCF ne se soient pas trouvés à proximité du wagon, la Cour a souligné qu'il n'était pas prouvé que leur intervention ait été impossible. Elle a relevé que les agents n'avaient pas « fait le nécessaire pour que les deux voyageurs puissent trouver assez facilement le wagon n° 72 » et que la SNCF aurait dû soit interdire aux voyageurs de poursuivre leur tentative, soit les aider.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur le principe de la responsabilité contractuelle du transporteur, qui est tenu d'assurer la sécurité de ses passagers. Cette obligation est inscrite dans le Code des transports - Article L. 211-1, qui stipule que « le transporteur est responsable de la sécurité des passagers pendant le transport ».
La Cour a interprété cette obligation comme impliquant non seulement la sécurité physique des passagers dans le train, mais aussi la nécessité d'une assistance adéquate pour leur permettre d'accéder à leur wagon. En ne fournissant pas cette assistance, la SNCF a manqué à son obligation de sécurité.
En conclusion, la décision met en lumière la dualité de la responsabilité dans les accidents de transport, où la faute du voyageur peut être atténuée par la négligence du transporteur dans l'exécution de ses obligations. La Cour de cassation a ainsi validé l'approche de la Cour d'appel, qui a su équilibrer les responsabilités respectives des parties en présence.