Résumé de la décision
La Cour d'appel de Rennes a rendu une décision le 19 juin 1962 concernant la société Maroc-Bretagne, qui avait contracté pour assurer la réception des cargaisons de deux navires de pêche durant la campagne de pêche du thon albacore sur la côte occidentale d'Afrique. La société n'ayant pas rempli ses obligations contractuelles, les navires ont dû retourner à leur port d'attache en France. La cour a attribué la responsabilité de l'inexécution du contrat à la société Maroc-Bretagne et a rejeté le pourvoi formé par celle-ci, confirmant ainsi la décision de première instance.
Arguments pertinents
1. Inexécution du contrat : La cour a constaté que la société Maroc-Bretagne n'avait pas donné de directives aux navires pour la réception de leur pêche, ce qui a conduit à l'impossibilité d'exécuter le contrat. La cour a souligné que "par la faute de cette société, l'exécution du contrat était devenue impossible", ce qui a exonéré les patrons des chalutiers de se conformer à leurs obligations contractuelles.
2. Absence de mise en demeure : La cour a également noté que la société Maroc-Bretagne n'avait pas mis les armateurs et patrons pêcheurs en demeure d'exécuter le contrat, ce qui a conduit à une rupture unilatérale de leur part. La cour a précisé que "faute d'avoir mis la société Maroc-Bretagne en demeure d'exécuter les conventions, les armateurs et patrons pêcheurs devaient supporter les conséquences de la rupture qu'ils avaient provoquée".
3. Non-reconnaissance de la cause justifiant la rupture : La cour a rejeté l'argument selon lequel l'initiative de l'administration de l'inscription maritime de Dakar pourrait justifier la rupture du contrat, affirmant que "l'initiative de l'administration de l'inscription maritime de Dakar, étranger aux conventions, était insusceptible de constituer une cause justificative de la rupture".
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs principes du Code civil, notamment :
- Code civil - Article 1146 : Cet article stipule que "la responsabilité contractuelle est engagée lorsque l'une des parties n'exécute pas son obligation". La cour a interprété cet article en considérant que, en raison de l'inexécution par la société Maroc-Bretagne, les patrons des chalutiers n'étaient pas tenus de respecter leurs obligations contractuelles.
- Code civil - Article 1217 : Cet article prévoit les conséquences de l'inexécution d'un contrat, notamment la possibilité de demander des dommages-intérêts. La cour a statué que les armateurs et patrons pêcheurs ne pouvaient pas être tenus responsables des conséquences de la rupture, car la société Maroc-Bretagne avait manqué à ses obligations.
La cour a ainsi conclu que la responsabilité de la rupture du contrat incombait à la société Maroc-Bretagne, et que les arguments présentés par celle-ci pour justifier sa position n'étaient pas fondés. En conséquence, le pourvoi a été rejeté.