Résumé de la décision
La Cour de Cassation a rejeté le pourvoi formé par la société Pitault contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris, qui avait condamné cette dernière à remettre des déclarations mensuelles de salaires à la Caisse nationale de retraite des ouvriers du bâtiment et à payer des cotisations et des majorations de retard. La société Pitault contestait la décision en invoquant une exception de communication de pièces et en soutenant que la convention collective applicable n'était pas opposable, car elle n'avait pas été étendue.
Arguments pertinents
1. Sur la communication de pièces : La Cour a noté que la société Pitault n'avait pas soulevé d'incident de procédure concernant la sommation de communiquer, ce qui a conduit à la conclusion que le grief relatif à une prétendue violation de l'article 188 du Code de procédure civile était infondé. La Cour a affirmé : « la société Pitault n'avait pas soulevé d'incident de procédure en suite de la sommation susvisée et n'avait pas demandé à la Cour de surseoir à statuer ».
2. Sur la condamnation au paiement des cotisations : La Cour a constaté que la société Pitault s'était limitée à contester l'opposabilité de la convention collective sans soulever d'arguments nouveaux sur le fond. Elle a souligné que la société n'était pas recevable à invoquer des moyens de défense nouveaux devant la Cour de Cassation, ce qui a conduit au rejet de son second moyen. La Cour a déclaré : « la société n'est donc pas recevable à invoquer pour la première fois devant la Cour de Cassation les moyens de défense nouveaux mélanges de fait et de droit ».
Interprétations et citations légales
1. Article 188 du Code de procédure civile : Cet article stipule que les parties doivent communiquer les pièces sur lesquelles elles se fondent pour soutenir leurs prétentions. La Cour a interprété que la société Pitault n'a pas respecté cette obligation en ne soulevant pas d'incident de procédure, ce qui a conduit à la conclusion que son argumentation était irrecevable.
2. Convention collective : La Cour a fait référence à la convention collective nationale du 13 novembre 1959, qui a été agréée par arrêté ministériel. La société Pitault a soutenu que cette convention n'était pas opposable, mais la Cour a noté que cette argumentation n'avait pas été suffisamment développée lors des instances précédentes, ce qui a entraîné le rejet de son moyen. La décision souligne que la société n'a pas prouvé que la convention n'avait pas été étendue, ce qui aurait pu justifier son refus de se conformer aux obligations qui en découlaient.
En conclusion, la décision de la Cour de Cassation illustre l'importance de la procédure et de la présentation des arguments en temps utile, ainsi que la nécessité de respecter les conventions collectives en vigueur, tant qu'elles sont valablement étendues.