Résumé de la décision
Dans cette affaire, X... (André, Jean) a formé un pourvoi contre un arrêt de la Cour d'appel de Toulouse, daté du 8 décembre 1964, qui l'a condamné à six mois d'emprisonnement pour évasion. X... avait été condamné précédemment pour des vols qualifiés et était sous le régime de la semi-liberté. Il s'est évadé le 6 avril 1964 en ne réintégrant pas l'établissement pénitentiaire à la fin de la journée. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, considérant que les éléments constitutifs de l'infraction d'évasion étaient réunis, même en l'absence de violence.
Arguments pertinents
1. Sur la caractérisation de l'infraction : La Cour a souligné que l'évasion d'un condamné soumis au régime de la semi-liberté constitue une infraction, même sans recours à la violence. Elle a précisé que "ces énonciations qui ne comportent aucune contradiction réunissent tous les éléments constitutifs du délit prévu et réprimé par le dernier alinéa de l'article 245 du Code pénal".
2. Sur l'absence de violence : Le pourvoi soutenait que l'évasion n'était punissable que si elle s'accompagnait de violences ou de destructions. La Cour a répondu que l'article 245 du Code pénal ne requiert pas de telles conditions pour caractériser l'infraction d'évasion dans le cadre d'un régime de semi-liberté.
3. Sur les obligations du condamné : Le pourvoi contestait également que le juge ait précisé les obligations auxquelles X... était soumis. La Cour a estimé que la simple non-réintégration à l'établissement à la fin de la journée suffisait à établir la commission de l'infraction.
Interprétations et citations légales
1. Code pénal - Article 245 : Cet article stipule que l'évasion d'un condamné est punie, et la Cour a interprété que cette infraction peut être réalisée sans violence, en se basant sur le dernier alinéa de cet article. La décision précise que "le seul fait de l'évasion d'un condamné soumis au régime de semi-liberté" constitue une infraction.
2. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article, bien que moins cité dans la décision, est également mentionné dans le pourvoi. Il concerne les obligations des condamnés, mais la Cour a jugé que la non-reintegration à l'établissement pénitentiaire, dans le cadre du régime de semi-liberté, suffit à établir la culpabilité.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation clarifie que l'évasion d'un condamné en semi-liberté est punissable indépendamment de la présence de violence, et que les obligations imposées à ce condamné sont implicites dans le cadre de son régime de détention.