Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société Maison Thiery Aîné a été condamnée à verser des salaires non perçus à Demoiselle X... suite à une mise à pied de huit jours intervenue en juin 1963. La mise à pied a été justifiée par l'absence de Demoiselle X... le 4 juin, alors qu'elle avait demandé une permission pour des raisons de santé, qui lui avait été refusée. Cependant, elle avait produit un certificat médical prouvant son incapacité à travailler. Le Conseil des Prud'hommes a jugé que cette absence était justifiée et que la mise à pied était illégale. En revanche, la Cour de cassation a annulé la décision concernant une autre mise à pied survenue le 11 septembre 1963, considérant que les juges du fond n'avaient pas correctement évalué les circonstances entourant la sanction disciplinaire.
Arguments pertinents
1. Justification de l'absence : Le Conseil des Prud'hommes a constaté que l'absence de Demoiselle X... le 4 juin 1963 était justifiée par son état de santé, comme l'atteste un certificat médical. Cela a conduit à la conclusion que la mise à pied infligée pour cette absence était illégale. Le jugement a affirmé : « cette absence n'avait pu légalement justifier la mise à pied infligée pour ce motif ».
2. Dénaturation des faits : Le pourvoi a soutenu que le certificat médical produit par Demoiselle X... était postérieur à la date de l'absence et qu'il n'avait pas été discuté devant les juges du fond. La Cour a noté que « le moyen est donc nouveau et que, mélange de fait et de droit, il n'est pas recevable ».
3. Évaluation de la sanction disciplinaire : Concernant la mise à pied du 11 septembre, la Cour a critiqué le jugement des juges du fond pour avoir substitué leur appréciation à celle de l'employeur, sans établir de détournement de pouvoir. La Cour a statué que « les juges du fond n'ont pas donné de base légale à leur décision ».
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1134 : Cet article stipule que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Dans cette affaire, la Cour a souligné que la sanction disciplinaire devait être justifiée par des faits constitutifs d'une faute, ce qui n'a pas été établi dans le cas de l'absence pour raison de santé.
2. Code du travail - Articles 20 et suivants : Ces articles régissent les droits des travailleurs et les conditions de travail. Le Conseil des Prud'hommes a appliqué ces dispositions pour conclure que l'absence de Demoiselle X... était justifiée, et que la mise à pied était une sanction disproportionnée.
3. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article traite des droits des travailleurs en matière de santé et d'absence. La Cour a noté que le jugement attaqué ne respectait pas les dispositions de cette loi, en ne tenant pas compte de la justification médicale de l'absence.
En somme, la décision met en lumière l'importance de la justification des absences pour raisons de santé et la nécessité d'une évaluation rigoureuse des sanctions disciplinaires par les employeurs, en respect des droits des travailleurs.