Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par la société Petrorep, titulaire d'un permis de recherches pétrolières, contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris. Cet arrêt avait confirmé que la société n'avait pas commis de voie de fait en occupant un terrain appartenant aux consorts Y..., malgré l'annulation d'un arrêté préfectoral autorisant cette occupation. La Cour d'appel a également refusé d'ordonner l'expulsion de la société, en se fondant sur un nouvel arrêté préfectoral qui autorisait l'occupation du terrain. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, considérant que les arguments des consorts Y... n'étaient pas fondés.
Arguments pertinents
1. Sur la légalité de l'occupation : La Cour d'appel a jugé que la société Petrorep avait respecté les prescriptions de l'article 71 du Code minier, qui impose de verser une indemnité ou de fournir une caution avant toute occupation de terrain. En effet, la société avait consigné une somme d'un million d'anciens francs à la Caisse des dépôts et consignations en garantie des indemnités potentielles dues aux consorts Y.... Cela démontre que l'occupation ne constituait pas une voie de fait.
> "Il suit de là que les prescriptions de l'article 71 du Code minier [...] ont été respectées."
2. Sur la prise en compte du nouvel arrêté préfectoral : La Cour d'appel a correctement pris en compte le nouvel arrêté préfectoral du 12 avril 1961, qui autorisait la société à occuper le terrain. Ce nouvel acte administratif a permis de requalifier l'occupation litigieuse, la faisant passer d'une situation de voie de fait à une occupation légale.
> "Il résulte de cette nouvelle décision administrative que l'occupation litigieuse a perdu le caractère d'une voie de fait, malgré l'annulation des arrêtés antérieurs."
Interprétations et citations légales
1. Article 71 du Code minier : Cet article impose des conditions préalables à l'occupation de terrains pour des recherches pétrolières, notamment le versement d'une indemnité ou la fourniture d'une caution. La décision de la Cour d'appel s'appuie sur le respect de cette obligation, indiquant que la société Petrorep a agi conformément à la loi.
> Code minier - Article 71 : "Le titulaire d'une autorisation de recherches doit verser, avant toute occupation de terrain, une indemnité ou fournir une caution."
2. Validité des actes administratifs : La Cour de cassation a souligné que les juges du fond n'avaient pas à surseoir à statuer en raison d'un recours pour excès de pouvoir présumé contre le nouvel arrêté préfectoral. Cela souligne le principe selon lequel un acte administratif, une fois notifié, est exécutoire et doit être respecté tant qu'il n'est pas annulé par une autorité compétente.
> "En faisant application de l'arrêté du 12 avril 1961, les juges du fond [...] se sont bornés à tirer les conséquences légales de cet acte administratif, exécutoire dès sa notification aux intéressés."
Conclusion
La décision de la Cour de cassation confirme la légalité de l'occupation par la société Petrorep, en se fondant sur le respect des dispositions légales et sur la prise en compte des actes administratifs valides. Les arguments des consorts Y... ont été jugés non fondés, et la Cour a rejeté le pourvoi, affirmant ainsi la légitimité de l'occupation du terrain par la société.