Résumé de la décision
La Cour de cassation a partiellement cassé un arrêt de la Cour d'appel de Toulouse du 8 octobre 1964, qui avait relaxé Y... du chef de licenciement de cinq candidats aux élections du comité d'entreprise, tout en accordant des dommages-intérêts aux parties civiles, la Fédération nationale CFTC de la métallurgie et le Syndicat départemental CFTC de la métallurgie de la Haute-Garonne. La Cour a jugé que la Cour d'appel avait violé les dispositions légales en considérant que l'envoi d'une lettre à la direction ne constituait pas une publication des candidatures, alors que cette notification équivalait à la publication exigée par la loi.
Arguments pertinents
1. Violation de la législation du travail : La Cour de cassation a relevé que la protection des candidats au comité d'entreprise commence dès la notification de leurs candidatures à l'employeur, conformément à l'article 22 de l'ordonnance du 22 février 1945. La Cour d'appel a erronément interprété que seule une publication par affichage ou autre moyen de publicité était valable.
> "La notification de la liste des candidats à l'employeur équivaut, en ce qui concerne celui-ci, à la publication exigée par la loi."
2. Absence de disposition légale sur le mode de publication : La Cour a souligné qu'aucune disposition légale ne précise un mode particulier de publication des candidatures, ce qui implique que l'envoi d'une lettre à la direction est suffisant pour déclencher la protection des candidats.
3. Conséquences de la relaxe : La relaxe de Y... a été jugée infondée car elle ne tenait pas compte de la réalité de la notification des candidatures, qui avait été effectuée par la lettre envoyée à la direction, et non par un moyen confidentiel.
Interprétations et citations légales
1. Ordonnance du 22 février 1945 - Article 22 : Cet article précise que la procédure spéciale de licenciement est applicable aux candidats aux fonctions de membres du comité d'entreprise dès la publication de leurs candidatures et pour une durée de trois mois. La Cour a interprété cet article comme signifiant que la notification à l'employeur est suffisante pour déclencher la protection.
> "La procédure spéciale de licenciement des membres du comité d'entreprise est applicable aux candidats aux fonctions de membres du comité présentés au premier tour par les organisations syndicales dès la publication des candidatures."
2. Ordonnance du 22 février 1945 - Article 24 : Cet article prévoit les sanctions en cas de méconnaissance des dispositions relatives à la protection des candidats. La Cour a noté que le licenciement de Y... était en infraction avec ces dispositions, justifiant ainsi la cassation partielle de l'arrêt.
3. Code de procédure pénale - Article 593 : Cet article stipule que les décisions de la Cour d'appel doivent être motivées. La Cour de cassation a relevé un défaut de motifs dans la décision de la Cour d'appel, qui n'a pas suffisamment justifié sa relaxe.
> "La Cour d'appel a ainsi violé les articles de loi visés au moyen et la cassation est encourue de ce chef."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation souligne l'importance de la notification des candidatures à l'employeur comme un acte constitutif de la protection des candidats, et elle corrige une interprétation erronée de la Cour d'appel concernant les exigences de publication.