Résumé de la décision
La Cour de Cassation a partiellement cassé un arrêt de la Cour d'Appel de Rennes du 6 octobre 1964, qui avait condamné X... (Fernand-Jean) à deux mois d'emprisonnement pour faux témoignage, ainsi qu'à des réparations civiles. Le pourvoi de X... a été rejeté pour le premier moyen de cassation, relatif à la nullité de l'instruction, car cette exception n'avait pas été soulevée dans les délais requis. En revanche, la Cour a accueilli le second moyen de cassation concernant les dommages-intérêts, considérant que l'arrêt attaqué n'avait pas suffisamment motivé la base légale des réparations accordées à la partie civile, notamment en ce qui concerne le lien de causalité entre le faux témoignage et les préjudices invoqués.
Arguments pertinents
1. Nullité de l'instruction : La Cour a rejeté le premier moyen de cassation, en soulignant que X... avait soulevé la nullité de son audition en tant que témoin pour la première fois devant la Cour d'Appel. Selon l'article 385 du Code de procédure pénale, une telle exception doit être présentée avant toute défense au fond, ce qui n'a pas été respecté. La Cour a donc considéré que le grief n'était pas recevable.
> "FAUTE D'EN AVOIR ETE AINSI, LE GRIEF QU'IL ENTEND SE FAIRE DE CETTE NULLITE PRETENDUE N'EST PAS RECEVABLE DEVANT LA COUR DE CASSATION."
2. Dommages-intérêts : Concernant le second moyen, la Cour a estimé que l'arrêt attaqué ne fournissait pas de motifs suffisants pour justifier les dommages-intérêts accordés à la partie civile. La Cour a rappelé que seuls les préjudices résultant directement de l'infraction peuvent donner lieu à réparation, et a mis en doute la pertinence des frais et ennuis mentionnés, ainsi que le rappel des condamnations antérieures de la partie civile.
> "LE JUGE CORRECTIONNEL N'EST COMPETENT POUR PRONONCER LA CONDAMNATION DU PREVENU A DES DOMMAGES-INTERETS QU'AUTANT QUE CETTE CONDAMNATION EST FONDEE SUR UN PREJUDICE RESULTANT DIRECTEMENT DU DELIT RETENU."
Interprétations et citations légales
1. Article 105 du Code de procédure pénale : Cet article stipule que le juge d'instruction doit respecter les droits de la défense, notamment en ne procédant pas à l'audition comme témoin d'une personne contre laquelle pèsent des charges graves. La Cour a jugé que les enquêteurs n'avaient pas eu l'intention de nuire aux droits de la défense, car la nullité n'avait pas été soulevée dans les délais.
> "IL APPARTIENT AU JUGE D'INSTRUCTION OU A L'OFFICIER DE POLICE JUDICIAIRE AGISSANT SUR COMMISSION ROGATOIRE DU JUGE D'INSTRUCTION DE NE PAS ENTENDRE COMME TEMOIN LA PERSONNE CONTRE LAQUELLE SE PRECISENT DES CHARGES GRAVES."
2. Article 385 du Code de procédure pénale : Cet article impose que toute exception de nullité doit être soulevée avant toute défense au fond, ce qui a été déterminant pour le rejet du premier moyen de cassation.
> "UNE TELLE EXCEPTION AURAIT DU, A PEINE DE FORCLUSION, ETRE PRESENTEE PAR LE DEMANDEUR AVANT TOUTE DEFENSE AU FOND."
3. Article 2 du Code de procédure pénale : Cet article établit le principe selon lequel le juge ne peut accorder des dommages-intérêts que pour des préjudices directement liés à l'infraction. La Cour a souligné que les frais et ennuis mentionnés n'étaient pas nécessairement des conséquences directes du faux témoignage.
> "SEUL LE PREJUDICE QUI EST LA CONSEQUENCE DIRECTE DE L'INFRACTION PEUT FAIRE L'OBJET D'UNE REPARATION DEVANT LA JURIDICTION REPRESSIVE."
En conclusion, la décision de la Cour de Cassation illustre l'importance du respect des procédures et des droits de la défense, tout en clarifiant les critères de réparation des préjudices en matière pénale.