Résumé de la décision
La Cour de cassation a partiellement cassé un arrêt de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Douai, daté du 12 décembre 1967, concernant le recours du Procureur de la République contre deux ordonnances du juge d'instruction relatives à la taxation des honoraires dus aux experts Lenoir et Debarge. La Cour a confirmé que les experts avaient été correctement informés de la date de l'audience, mais a annulé la condamnation des experts aux frais envers l'État, considérant que la procédure de taxation ne pouvait donner lieu à des frais.
Arguments pertinents
1. Droit à la défense : La Cour a d'abord rejeté le premier moyen de cassation, affirmant que les experts avaient été informés conformément aux exigences de l'article 197 du Code de procédure pénale. La Cour a souligné que les experts avaient été mis en demeure de produire des mémoires, ce qui respectait leurs droits de défense. La décision précise : « les docteurs Lenoir et Debarge ont été, l'un et l'autre, avisés, conformément aux prescriptions de l'article 197 du Code de procédure pénale, par des lettres recommandées envoyées plus de cinq jours à l'avance ».
2. Honoraires des experts : Concernant le second moyen, la Cour a estimé que la Chambre d'accusation était fondée à écarter la demande d'une rémunération spéciale pour la réception et la description des scellés, car ces opérations ne sont pas tarifées par les articles R117 à R120 du Code de procédure pénale. La Cour a noté que « le montant des honoraires est fixé par les juges taxateurs qui les évaluent globalement sans avoir à spécifier les différents éléments pris en considération ».
3. Frais envers l'État : Pour le troisième moyen, la Cour a conclu que la procédure de taxation ne peut donner lieu à des frais. Elle a rappelé que, selon l'article R227 du Code de procédure pénale, les formalités de la taxe et de l'exécutoire sont remplies sans frais par les présidents et les juges d'instruction. La décision a donc annulé la condamnation des experts aux frais, affirmant que « l'arrêt attaqué a violé les textes visés au moyen ».
Interprétations et citations légales
1. Droit à la défense : L'article 197 du Code de procédure pénale stipule que les parties doivent être informées de la date de l'audience. La Cour a interprété cet article comme garantissant que les experts avaient été dûment avisés, ce qui respecte le droit à la défense.
2. Honoraires des experts : L'article R106 du Code de procédure pénale, bien que mentionné dans l'arrêt, a été jugé inapplicable dans le cas présent. La Cour a précisé que cet article ne concerne que les expertises tarifées, et que les opérations de réception et de description des scellés ne peuvent être assimilées à la rédaction et au dépôt du rapport.
3. Frais envers l'État : L'article R227 du Code de procédure pénale est essentiel pour comprendre la décision concernant les frais. La Cour a affirmé que « les formalités de la taxe et de l'exécutoire sont remplies sans frais », ce qui a conduit à l'annulation de la condamnation des experts aux frais envers l'État.
En résumé, la décision de la Cour de cassation a confirmé certains aspects de la procédure tout en clarifiant les obligations financières des experts dans le cadre de la taxation des honoraires, respectant ainsi les principes de droit en matière de procédure pénale.