Résumé de la décision
Le 17 décembre 1962, X..., chef de chantier pour Y..., un entrepreneur de terrassements et démolitions, a subi un accident mortel lors de la destruction d'une cage d'escalier à Lyon. Alors qu'il tentait d'assujettir un câble, les marches supérieures se sont effondrées, entraînant sa chute d'une hauteur d'environ huit mètres. Sa veuve a contesté la décision de la cour d'appel qui avait jugé que l'accident n'était pas dû à une faute inexcusable de l'employeur, arguant que ce dernier n'avait pas conscience du danger encouru par ses employés. La cour a rejeté le pourvoi, considérant que la victime avait commis une faute grave qui était la cause déterminante de l'accident.
Arguments pertinents
1. Absence de faute inexcusable de l'employeur : La cour d'appel a conclu que Y... n'avait pas commis de faute inexcusable, car l'enquête de l'inspection du travail n'avait révélé aucune infraction à la réglementation en vigueur. La cour a noté que X..., en tant que chef de chantier, avait violé un règlement de l'autorité publique en montant sur un escalier qu'il venait d'ébranler, ce qui constituait une faute d'une gravité exceptionnelle.
2. Responsabilité de la victime : La cour a souligné que la victime avait agi de manière délibérée en s'exposant au danger, ce qui a été déterminant dans l'accident. La décision a été fondée sur le fait que la faute de X... était à l'origine de ses blessures, ce qui a conduit à l'absence de responsabilité de l'employeur.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur l'article 468 du Code de la sécurité sociale, qui définit la faute inexcusable de l'employeur. Cet article stipule que l'employeur est responsable des accidents du travail sauf s'il prouve qu'il n'a pas commis de faute inexcusable. La cour a interprété cet article en considérant que la connaissance du danger par l'employeur est cruciale pour établir une faute inexcusable.
- Code de la sécurité sociale - Article 468 : "L'employeur est responsable des accidents du travail, sauf s'il prouve qu'il n'a pas commis de faute inexcusable."
La cour a également pris en compte le fait que l'arrêté du maire interdisant le tirage par câble était connu de X..., ce qui renforce l'idée que la responsabilité de l'accident reposait sur les actions de la victime plutôt que sur celles de l'employeur.
En conclusion, la cour a rejeté le pourvoi, affirmant que la faute de la victime était la cause déterminante de l'accident, ce qui a conduit à l'absence de faute inexcusable de l'employeur.