Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Lucien X..., médecin, contre un arrêt de la Cour d'appel de Lyon, daté du 29 mai 1969. Cet arrêt avait condamné Lucien X... à dix mois d'emprisonnement avec sursis, 2000 francs d'amende, et à la suspension de l'exercice de la profession de médecin pendant cinq ans pour complicité d'avortement. Les faits établis montrent que Lucien X... avait fourni à une mère et sa fille des informations sur une avorteuse, facilitant ainsi la réalisation de l'avortement.
Arguments pertinents
1. Application de l'article 317 alinéa 4 du Code pénal : La Cour a jugé que Lucien X... avait effectivement indiqué les moyens de procurer un avortement en fournissant l'adresse d'une personne qu'il savait capable de réaliser cette intervention. La décision souligne que l'article 317, dans ses termes généraux, ne fait pas de distinction entre l'indication des manœuvres abortives et l'indication des personnes susceptibles de les pratiquer.
2. Connaissance de l'état de la patiente : La Cour a noté que Lucien X... avait connaissance de l'état de la jeune Y... lorsqu'il a effectué des piqûres et qu'il a ensuite orienté la mère vers l'avorteuse, ce qui constitue une implication directe dans le processus d'avortement.
3. Rejet du moyen de cassation : La Cour a conclu que le moyen de cassation, qui soutenait que la simple indication de l'avorteuse ne constituait pas une complicité au sens de l'article 317 alinéa 4, n'était pas fondé. La décision a été jugée régulière tant sur le fond que sur la forme.
Interprétations et citations légales
1. Article 317 alinéa 4 du Code pénal : Cet article stipule que "sont punis comme complices de l'avortement ceux qui, par aide ou assistance, favorisent la commission de cet acte". La Cour a interprété cet alinéa de manière large, considérant que l'indication d'une personne capable de pratiquer un avortement constitue une forme d'aide.
2. Code de procédure pénale - Article 593 : Cet article traite des conditions de la cassation et des motifs qui peuvent être invoqués. La Cour a jugé que les arguments présentés par Lucien X... ne respectaient pas les critères de violation de la loi ou de défaut de motifs.
3. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Bien que cet article ne soit pas explicitement cité dans le raisonnement de la Cour, il est pertinent dans le contexte de la législation sur l'avortement, car il établit des principes généraux sur la complicité et les peines applicables.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation large des textes de loi, affirmant que la simple indication d'une avorteuse par un médecin constitue une complicité au sens du droit pénal, justifiant ainsi les sanctions imposées.