Résumé de la décision
La Cour de Cassation a été saisie d'un pourvoi formé par la Maison de la boulangerie et de boulangerie pâtisserie des Pyrénées-Orientales contre un arrêt de la cour d'appel de Montpellier. Cette dernière avait rejeté la demande de la Maison de la boulangerie visant à faire respecter un arrêté préfectoral du 18 novembre 1996, qui imposait la fermeture hebdomadaire des établissements de vente de pain. La cour d'appel avait estimé que la société Le Fournil de Perpignan, qui exerçait une activité de terminal de cuisson, ne relevait pas de cet arrêté, en raison de la non-participation des organisations syndicales représentatives de la boulangerie industrielle à l'accord préalable. La Cour de Cassation a cassé cet arrêt, considérant que l'arrêté s'appliquait à tous les établissements de vente de pain, indépendamment de leur statut.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de l'arrêté préfectoral : La Cour de Cassation a souligné que l'arrêté du 18 novembre 1996 visait tous les établissements pratiquant la vente de pain, sans distinction de leur statut professionnel. Elle a noté que "l'arrêté, conçu en termes généraux, visait tous les établissements pratiquant la boulangerie, la vente ou le dépôt de pain".
2. Représentativité des syndicats : La Cour a également mis en avant que les syndicats signataires de l'accord à l'origine de l'arrêté représentaient la majorité des professionnels concernés. Cela a été un élément clé pour établir que l'arrêté était valide et applicable à la société Le Fournil de Perpignan, malgré la contestation de celle-ci.
3. Existence d'un trouble manifestement illicite : La Cour a conclu que la société Le Fournil de Perpignan ne respectait pas l'arrêté en question, ce qui établissait l'existence d'un trouble manifestement illicite, contrairement à ce qu'avait jugé la cour d'appel.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 221-17 du Code du travail : Cet article permet aux préfets d'édicter des arrêtés concernant la fermeture des établissements de vente de pain. La Cour de Cassation a interprété cet article comme conférant au préfet le pouvoir d'imposer des règles applicables à tous les établissements de vente de pain, indépendamment de leur classification professionnelle.
2. Article 873 du nouveau Code de procédure civile : Cet article concerne les référés et les mesures urgentes. La Cour a appliqué cet article pour justifier la demande de la Maison de la boulangerie, en soulignant que la situation nécessitait une intervention rapide pour faire respecter l'arrêté préfectoral.
3. Représentativité syndicale : La Cour a noté que "les syndicats départementaux signataires de l'accord au vu duquel a été pris l'arrêté préfectoral... représentaient la majorité des professionnels alors concernés". Cela a été crucial pour établir la légitimité de l'arrêté, malgré les objections de la société Le Fournil de Perpignan.
En somme, la décision de la Cour de Cassation a réaffirmé l'importance de la conformité aux arrêtés préfectoraux dans le secteur de la boulangerie, tout en clarifiant les conditions de représentativité syndicale dans le cadre de l'élaboration de tels arrêtés.