Résumé de la décision
La commune de Bouze-lès-Beaune a demandé au tribunal d'ordonner une expertise pour recenser les désordres affectant une propriété appartenant aux héritiers de la succession Méline, dans le cadre d'une procédure d'abandon manifeste. Le tribunal a rejeté cette demande, considérant que l'expertise n'était pas nécessaire pour établir l'état d'abandon manifeste et que la commune ne fondait pas son action sur des dispositions relatives à la mise en sécurité des immeubles menaçant ruine.
Arguments pertinents
1. Absence de nécessité d'expertise : Le tribunal a souligné que la constatation d'un état d'abandon manifeste ne nécessite pas de connaissances techniques particulières. En effet, selon l'article R. 532-1 du code de justice administrative, "le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction". Dans ce cas, l'expertise demandée ne répondait pas à cette condition d'utilité.
2. Procédure d'abandon manifeste : La commune a été rappelée à l'article L. 2243-1 du code général des collectivités territoriales, qui stipule que le maire peut engager une procédure de déclaration d'abandon manifeste lorsque des immeubles ne sont plus entretenus. Le tribunal a noté que cette procédure ne requiert pas d'expertise préalable.
3. Absence de danger pour la sécurité publique : Le tribunal a également noté que la commune ne se fondait pas sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation concernant la police de la mise en sécurité des immeubles menaçant ruine, et qu'aucun danger pour la sécurité publique n'était évoqué.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de prescrire des mesures d'expertise, mais seulement si celles-ci sont jugées utiles. Dans cette affaire, le tribunal a interprété que l'expertise n'était pas nécessaire pour établir l'état d'abandon manifeste, ce qui a conduit au rejet de la requête.
2. Article L. 2243-1 du code général des collectivités territoriales : Cet article définit les conditions dans lesquelles un maire peut déclarer un immeuble en état d'abandon manifeste. Le tribunal a souligné que cette déclaration ne nécessite pas d'expertise technique, ce qui renforce l'idée que la demande de la commune était infondée.
3. Code de la construction et de l'habitation : Bien que la commune ait mentionné l'intention de mettre les propriétaires en demeure d'effectuer des travaux, le tribunal a noté qu'aucune référence n'était faite aux dispositions régissant la police de la mise en sécurité des immeubles menaçant ruine, ce qui aurait pu justifier une action en justice.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des textes de loi, soulignant que la procédure d'abandon manifeste ne nécessite pas d'expertise et que la sécurité publique n'était pas en jeu dans cette affaire.