Résumé de la décision
Mme A B, ressortissante brésilienne, a demandé au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer pour lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour, en raison de l'absence de réponse de l'administration à sa demande déposée le 29 février 2024. Le juge a rejeté sa requête, considérant que le silence de l'administration sur sa demande avait entraîné une décision implicite de rejet, ce qui rendait la mesure sollicitée incompatible avec l'exécution de cette décision.
Arguments pertinents
1. Urgence et utilité : Mme B a soutenu que sa situation était urgente, car elle se trouvait en situation irrégulière depuis le 29 août 2024, et qu'elle n'avait reçu aucune réponse de l'administration malgré ses relances. Cependant, le juge a estimé que la demande ne pouvait être satisfaite en raison de l'existence d'une décision implicite de rejet.
2. Obstacles à l'exécution : Le juge a souligné que la mesure demandée aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet, ce qui est contraire aux dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qui stipule que le juge des référés ne peut ordonner des mesures qui entravent l'exécution d'une décision administrative.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, mais précise que ces mesures ne doivent pas faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. La décision de rejet implicite, résultant du silence de l'administration, constitue une telle décision.
2. Articles R. 431-12 et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Article R. 431-12 : "L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise."
- Article R. 432-1 : "Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet."
- Article R. 432-2 : "La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois."
Ces articles établissent que le silence de l'administration sur la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme B a conduit à une décision implicite de rejet, ce qui a été déterminant dans le rejet de sa requête.
En conclusion, le juge a rejeté la requête de Mme B, considérant que la mesure demandée ne pouvait être ordonnée en raison de l'existence d'une décision implicite de rejet, ce qui illustre l'importance de la conformité aux procédures administratives en matière de séjour des étrangers.