Résumé de la décision
Le 7 juin 2013, Mme B... a chuté à vélo en raison de câbles détachés d'un poteau téléphonique sur la voie publique. Elle a saisi la juridiction judiciaire pour obtenir réparation de son préjudice matériel et corporel, requérant la responsabilité de la société France Télécom, désormais représentée par la société Orange. Cette dernière a contesté la compétence judiciaire en plaidant l’incompétence au profit de la juridiction administrative. Par ordonnance du 7 octobre 2014, le juge de mise en état a décliné la compétence, transférant l'affaire à la juridiction administrative, qui a renvoyé l'affaire au Tribunal pour qu'il se prononce sur la compétence. La décision finale a établi que c'est la juridiction judiciaire qui est compétente, annulant ainsi l'ordonnance initiale et déclarant nulle la procédure administrative, sauf pour le jugement du 22 novembre 2018.
Arguments pertinents
1. Incompétence des juridictions administratives : La décision souligne que les câbles en question, bien que situés sur le domaine public, ne sont plus considérés comme des ouvrages publics depuis la transformation de France Télécom en société anonyme en 1996. Le Tribunal énonce que "les ouvrages immobiliers appartenant à la société France Télécom ne présentent plus le caractère d'ouvrages publics depuis le 31 décembre 1996."
2. Absence de lien avec un ouvrage public : Le Tribunal explique que les câbles aériens ne constituent pas un accessoire indispensable à un ouvrage public. Par conséquent, le litige doit être examiné par la juridiction judiciaire, car "les câbles téléphoniques aériens litigieux, dont la présence sur la voie publique résulte de circonstances fortuites, ne présentent, avec cet ouvrage public, aucun lien physique ou fonctionnel."
3. Rejet des demandes au titre de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991 : Le Tribunal a également décidé qu'il n'y avait pas lieu de mettre à la charge de la société Orange une somme au titre des frais de justice, en indiquant qu'il n'y avait pas de circonstances exceptionnelles justifiant une telle indemnité.
Interprétations et citations légales
1. Transformation de France Télécom : L'article 1er de la loi n° 96-660 du 26 juillet 1996 stipule que France Télécom a été transformée en entreprise soumise aux règles de la société anonyme. Cette transformation a des implications directes sur la nature juridique de ses ouvrages, qu'ils soient ou non situés sur la voie publique.
2. Liens entre les câbles et les ouvrages publics : Le Tribunal s'appuie sur le fait que les câbles doivent avoir un lien "physique ou fonctionnel" avec un ouvrage public pour être considérés comme accessoire. La décision rappelle que "ne constituent pas une dépendance" les éléments n'ayant pas un rôle essentiel dans l'intégration d'un ouvrage public.
3. Article 75 de la loi du 10 juillet 1991 : Cet article permet aux juridictions de condamner la partie perdante à indemniser les frais engagés par la partie gagnante. Cependant, le Tribunal a estimé que les circonstances de l'affaire ne justifiaient pas une telle condamnation, rendant cette demande irrecevable.
Références des lois citées
- Loi n° 96-660 du 26 juillet 1996 - Article 1er : Transformation de France Télécom en société anonyme.
- Décret n° 2015-233 du 27 février 2015 - Article 32 : Renvoi de la compétence entre juridictions.
- Loi n° 10 juillet 1991 - Article 75 : Dispositions relatives à l'indemnisation des frais de justice.