DU 26 juin 2024 Minute numéro :
N° RG 24/00368 - N° Portalis DB3U-W-B7I-NT5Y
Code NAC : 72I
Le Syndicat des Copropriétaires de la [Adresse 6] sis [Adresse 1] - [Localité 4], représenté par son syndic l’Agence Gestion Immobilière Moderne (GIM), Société à Responsabilité Limitée
C/
Monsieur [X] [C]
Madame [V] [H]
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE PONTOISE
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
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JUGEMENT SELON LA PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND
LE JUGE: Didier FORTON, premier vice-président
LE GREFFIER : Xavier GARBIT
LES PARTIES :
DEMANDEUR(S)
Le Syndicat des Copropriétaires de la [Adresse 6] représenté par son syndic l’Agence Gestion Immobilière Moderne (GIM), Société à Responsabilité Limitée dont le siège social est [Adresse 2] à [Localité 5], dont le siège social est sis [Adresse 1] - [Localité 4]
représentée par Maître Marion CORDIER, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 347
DÉFENDEUR(S)
Monsieur [X] [C], demeurant [Adresse 3] - [Localité 4]
Madame [V] [H], demeurant [Adresse 3] - [Localité 4]
non représentés
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Débats tenus à l’audience du : 5 juin 2024
Date de délibéré indiquée par le Président par mise à disposition au greffe
le 26 juin 2024
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Par acte d'huissier du 18 mars 2024, le Syndicat des Copropriétaires de la [Adresse 6], sise [Adresse 1] sur la commune de [Localité 4], représenté par son syndic l’Agence Gestion Immobilière Moderne (GIM), a fait assigner devant ce tribunal [X] [C] et [V] [H], notamment au visa de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, aux fins de voir :
Condamner solidairement Madame [V] [H] et Monsieur [X] [C] à payer au demandeur la somme de 5.708,72 € avec intérêt légal à compter des mises en demeure du 11 janvier 2024 et ce en application de l’article 36 du décret en date du 17/3/67 ;
Dire que ces intérêts se capitaliseront dans les conditions prévues à l’article 1342-2 du Code civil ;
Les condamner solidairement à 3.500 € à titre de dommages-intérêts et 2.000 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’aux dépens avec distraction au profit de Maître Marion CORDIER membre de la SELARL SILLARD CORDIER & Associés;
Rappeler que l’exécution provisoire est de droit ;
Régulièrement assignés, [X] [C] et [V] [H] n'ont pas constitué avocat ;
Pour un plus ample exposé des motifs et des prétentions il est renvoyé à ces conclusions, conformément aux dispositions de l'article 455 du code de procédure civile ;
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la demande en principal :
En vertu des dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 :
«A défaut du versement à sa date d'exigibilité d'une provision due au titre de l'article 14-1 ou du I de l'article 14-2, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des mêmes articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l'approbation par l'assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l'article 14-2.
Lorsque la mesure d'exécution porte sur une créance à exécution successive du débiteur du copropriétaire défaillant, notamment une créance de loyer ou d'indemnité d'occupation, cette mesure se poursuit jusqu'à l'extinction de la créance du syndicat résultant de l'ordonnance.
Si l'assemblée générale vote pour autoriser le syndic à agir en justice pour obtenir la saisie en vue de la vente d'un lot d'un copropriétaire débiteur vis-à-vis du syndicat, la voix de ce copropriétaire n'est pas prise en compte dans le décompte de la majorité et ce copropriétaire ne peut recevoir mandat pour représenter un autre copropriétaire en application de l'article 22.» ;
Par ailleurs, en vertu de l’article 14-1 de la loi du 10 juillet 1965 :
“ Pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d'administration des parties communes et équipements communs de l'immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L'assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l'exercice comptable précédent.
Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l'assemblée générale peut fixer des modalités différentes.
La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l'assemblée générale” ;
Et en vertu de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 :
“Par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné :
a) Les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d'hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d'une créance justifiée à l'encontre d'un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d'encaissement à la charge du débiteur ;
b) Les honoraires du syndic afférents aux prestations qu'il doit effectuer pour l'établissement de l'état daté à l'occasion de la mutation à titre onéreux d'un lot ou d'une fraction de lot. Les honoraires ou frais perçus par le syndic au titre des prestations susmentionnées ne peuvent excéder un montant fixé par décret ;
c) Les dépenses pour travaux d'intérêt collectif réalisés sur les parties privatives notamment en application du c du II de l'article 24 et du f de l'article 25 ;
d) Les astreintes prévues aux articles L. 1331-29-1 et L. 1334-2 du code de la santé publique et aux articles L. 129-2 et L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation lorsque les mesures ou travaux prescrits par un arrêté, une mise en demeure, une injonction ou une décision pris, selon le cas, en application des articles L. 1331-22 à L. 1331-25, L. 1331-28 ou L. 1334-2 du code de la santé publique ou des articles L. 129-1 ou L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation et ayant fait l'objet d'un vote en assemblée générale n'ont pu être réalisés du fait de la défaillance dudit copropriétaire. Les astreintes sont alors fixées par lot.
Le copropriétaire qui, à l'issue d'une instance judiciaire l'opposant au syndicat, voit sa prétention déclarée fondée par le juge, est dispensé, même en l'absence de demande de sa part, de toute participation à la dépense commune des frais de procédure, dont la charge est répartie entre les autres copropriétaires.
Le juge peut toutefois en décider autrement en considération de l'équité ou de la situation économique des parties au litige” ;
En l’espèce le Syndicat des Copropriétaires de la [Adresse 6], sise [Adresse 1] sur la commune de [Localité 4] verse les pièces suivantes à l’appui de ses demandes :
- la matrice cadastrale et le relevé des formalités de publicité foncière dont il résulte que [X] [C] et [V] [H] sont propriétaires de biens et droits immobiliers dépendant d'un immeuble soumis au statut de la copropriété, formant les lots 6066 et 6023 ;
- les procès-verbaux des assemblées générales ayant régulièrement approuvé les comptes concernés et voté les budgets prévisionnels ;
- lettres de mise en demeure en date du 11 janvier 2024 d’avoir à régler les dépenses du budget ainsi voté et rappelant les dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 précité ;
- appels de fonds ;
- décompte de la créance ;
Aucune pièce de la procédure ne permet d’établir que [X] [C] et [V] [H] ont réglé les sommes réclamées dans la mise en demeure dans le délai de trente jour à compter de sa présentation ;
Dès lors, l’intégralité des provisions sur charges, des cotisations du fond de travaux de l’exercice en cours ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédent est devenues exigible et il y aura donc lieu de faire droit à la demande et de condamner [X] [C] et [V] [H] à payer au Syndicat des Copropriétaires de la [Adresse 6], sise [Adresse 1] sur la commune de [Localité 4] 5.708,72 € avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
Il y aura lieu d’ordonner la capitalisation des intérêts échus depuis une année entière au moins dans les termes et conditions prévus à l'article 1343-2 du code civil ;
Sur la demande de dommages-intérêts :
La carence du défendeur a causé au Syndicat des copropriétaires, dont les charges constituent l'unique ressource, un préjudice distinct de celui causé par le retard dans l'exécution, en mettant en péril l'équilibre de la trésorerie et en aggravant ses charges de gestion ;
Il conviendra en conséquence de condamner solidairement [X] [C] et [V] [H] à verser au Syndicat des copropriétaires de de la [Adresse 6], sise [Adresse 1] sur la commune de [Localité 4] la somme de 600 euros à titre de dommages et intérêts ;
Sur les demandes accessoires :
Il apparaît inéquitable de laisser à la charge du Syndicat des Copropriétaires de de la [Adresse 6], sise [Adresse 1] sur la commune de [Localité 4] le montant des frais irrépétibles et il y aura lieu de condamner solidairement [X] [C] et [V] [H] à lui payer 2 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
[X] [C] et [V] [H] succombent à la procédure et seront donc condamnés solidairement aux dépens ;
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, selon la procédure accélérée au fond, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, rendue par mise à disposition au greffe ;
CONDAMNE solidairement [X] [C] et [V] [H] à payer au Syndicat des Copropriétaires de la [Adresse 6], sise [Adresse 1] sur la commune de [Localité 4] les sommes suivantes:
- 5.708,72 € avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
Outre la capitalisation des intérêts échus sur cette somme depuis une année entière au moins dans les termes et conditions prévus à l'article 1343-2 du code civil ;
CONDAMNE in solidum [X] [C] et [V] [H] à payer au Syndicat des Copropriétaires de la [Adresse 6], sise [Adresse 1] sur la commune de [Localité 4] les sommes suivantes :
- 600 euros à titre de dommages et intérêts ;
- 2 000 euros sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile ;
REJETTE le surplus des demandes ;
CONDAMNE solidairement [X] [C] et [V] [H] aux dépens, dont distraction selon l'article 699 du code de procédure civile au profit de Maître Marion CORDIER membre de la SELARL SILLARD CORDIER & Associés ;
RAPPELLE que la décision est assortie de l'exécution provisoire ;
Et le jugement est signé par le président et le greffier.
LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT,