Résumé de la décision
Mme B..., ressortissante algérienne, a contesté un jugement du tribunal administratif de Toulouse qui avait rejeté ses demandes d'annulation d'une décision implicite de refus de certificat de résidence algérien et d'une décision implicite du ministre de l'Intérieur. La cour administrative d'appel a annulé le jugement du tribunal administratif, estimant que les demandes de Mme B... n'étaient pas dépourvues d'objet. Elle a également renvoyé l'affaire devant le tribunal administratif de Toulouse pour qu'il statue à nouveau, tout en condamnant l'État à verser 1 500 euros à Mme B... pour les frais exposés.
Arguments pertinents
1. Demande de titre de séjour : La cour a jugé que Mme B... avait effectivement sollicité la délivrance d'un certificat de résidence, et que son courrier du 14 octobre 2015, bien que mal intitulé "requête gracieuse", constituait une demande de titre de séjour. En conséquence, le tribunal administratif avait erré en rejetant les demandes comme irrecevables :
- "Par un courrier adressé au préfet de la Haute-Garonne, reçu le 14 octobre 2015 (...) l’intéressée a expressément sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien portant la mention 'visiteur'".
2. Décision implicite de rejet : L'absence de réponse du préfet à la demande de titre de séjour a donné naissance à une décision implicite de rejet, conforme aux articles R. 311-12 et R. 311-12-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui stipulent que le silence gardé pendant un certain délai est considéré comme un refus.
3. Recours hiérarchique : La cour a aussi pris en compte le recours hiérarchique formé par Mme B..., qui a également reçu une réponse implicite de rejet due à l'inaction de l'administration, conformément à l'article L. 411-7 du code des relations entre le public et l'administration.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Les articles R. 311-12 et R. 311-12-1 précisent la procédure entourant les demandes de titre de séjour, en établissant que le silence de l'administration pendant un délai déterminé se traduit par un refus implicite. Ceci renforce l'idée que toute demande, même non formellement déposée au guichet, peut être considérée comme valide si elle est faite par écrit et reçue par l'administration.
2. Code des relations entre le public et l'administration : L'article L. 411-7 met en lumière le principe du silence vaut décision, qui protège les administrés dans leurs démarches en leur permettant d'être informés de l'issue de leurs demandes en cas de non-réponse par l'administration. Ce concept souligne l'obligation d'une réponse de l'administration dans un délai raisonnable :
- "Dans les conditions prévues par la présente section, le silence gardé par l'administration sur une demande vaut décision de rejet."
3. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : Les arguments de Mme B... soulèvent des questions relatives à la protection des droits fondamentaux, notamment en ce qui concerne le respect de la vie familiale et le droit à un recours effectif, garanties par l'article 8 de cette convention.
En conclusion, la décision de la cour met en exergue l'importance de le respect des procédures administratives, et rappelle aux autorités que la clarté et la réactivité sont essentielles dans le traitement des demandes de titres de séjour.