Résumé de la décision
Dans cette affaire, la commune de La Jarne a déposé un recours devant la cour administrative d'appel pour contester un jugement du tribunal administratif de Poitiers ayant annulé sa décision de sursis à statuer sur une demande de permis de construire présentée par M. B... pour une ferme pédagogique. La commune soutenait que la décision de sursis à statuer était valide et que les arguments de M. B... concernant l'illégalité des délibérations du conseil communautaire étaient irrecevables. Toutefois, par une déclaration enregistrée le 18 janvier 2017, la commune a décidé de se désister de sa requête. La cour a alors pris acte de ce désistement et a mis fin à la procédure.
Arguments pertinents
1. Compétence de la communauté d'agglomération : La commune a affirmé que selon l'article 4 de ses statuts, la communauté d'agglomération de La Rochelle avait compétence sur les demandes d'autorisation d'occupation des sols. A cet égard, elle a évoqué une convention signée et une délégation de signature du maire au président de la communauté.
2. Délai d’instruction : La commune a soutenu que la notification de la lettre du 15 mars 2012 intervenait dans le délai d'un mois suivant le dépôt de la demande, ce qui justifiait le prolongement régulier du délai d'instruction.
3. Irrecevabilité de l'exception d'illégalité : La commune a contesté les moyens soulevés par M. B... sur l'exception d'illégalité des délibérations du conseil communautaire en soutenant qu’ils étaient irrecevables en vertu de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme car invoqués après le délai de six mois.
4. Nature du projet de M. B... : Il a été avancé que le projet de M. B... était de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme, justifiant ainsi la décision de sursis à statuer.
Interprétations et citations légales
1. Compétence de la communauté d'agglomération : Selon l'article 4 des statuts de la communauté d'agglomération, celle-ci est compétente pour les demandes d'autorisation d’occupation des sols. Il est donc essentiel qu'une délégation de signature soit en place pour garantir la régularité des actes d'instruction.
2. Délai d’instruction : Le Code de l'urbanisme - Article L. 422-1 stipule que "le délai d'instruction d'une demande de permis de construire est de deux mois", et ce délai peut être prorogé sous certaines conditions. La commune a indiqué avoir respecté les délais légaux à travers ses notifications.
3. Irrecevabilité de l'exception d'illégalité : L'article L. 600-1 du Code de l'urbanisme précise que "les recours en nullité contre les actes des collectivités sont recevables dans un délai de six mois". Ceci indique que M. B... n’aurait pas eu le droit de contester les délibérations après ce délai.
4. Sursis à statuer : En ce qui concerne la justification du sursis à statuer, l'article L. 123-6 du Code de l'urbanisme permet un tel sursis lorsqu'il y a un projet de plan local d'urbanisme en cours d'élaboration. La commune a soutenu que le projet de M. B... compromettait ce plan, ce qui justifiait l'émission d'un sursis à statuer.
En conclusion, la commune de La Jarne a mis en avant des arguments forts basés sur les dispositions du Code de l'urbanisme et la compétence de la communauté d'agglomération, mais son désistement a mis fin à la procédure sans que la cour ne statue sur le fond des questions soulevées.