Résumé de la décision
M. B. a saisi le juge des référés du Conseil d'État pour demander l'invalidation de plusieurs dispositions de la loi du 5 août 2021 sur la gestion de la crise sanitaire et du décret du 7 août 2021. Il argumente que ces mesures portent atteinte aux libertés fondamentales et sont disproportionnées. Le juge a rejeté sa requête, arguant que M. B. ne justifiait pas d'une situation d'urgence, ne pouvant, par ailleurs, prononcer l'invalidation des dispositions contestées ni contrôler la constitutionnalité de la loi.
Arguments pertinents
1. Absence d'urgence : La décision souligne que la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du Code de justice administrative doit être objectivement appréciée. M. B. ne se prévaut d'aucune urgence spécifique pour justifier sa demande. Le juge des référés a précisé que les impacts des normes sur les libertés, bien que significatifs, ne suffisent pas à établir la nécessité d'une action immédiate. En effet, "la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser une situation d'urgence".
2. Limites des pouvoirs du juge des référés : La décision rappelle que le juge des référés n’a pas le pouvoir de prononcer l'invalidation des dispositions réglementaires contestées, ni d'exercer un contrôle de constitutionnalité. Cela renforce l'idée que sa compétence est limitée à l'évaluation de l'urgence dans la sauvegarde d'une liberté fondamentale, et non à une appréciation générale des lois.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale. Toutefois, il nécessite une évaluation de la condition d'urgence, précisée dans l'article : "la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée" ne suffit pas à elle seule. Cette interprétation limite ainsi le champ d'action du juge à des situations de réelle nécessité immédiate.
2. Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Le juge peut rejeter une requête sans instruction lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsque la demande est manifestement irrecevable ou mal fondée. Cela justifie le rejet de la requête, le juge ne se prononçant même pas sur la conformité des dispositions contestées aux libertés fondamentales.
En somme, la décision énonce des principes fondamentaux concernant la définition et l'exercice de l'urgence en droit administratif, tout en précisant les limitations des compétences du juge des référés par rapport aux enjeux constitutionnels.