Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société Bernheim Dreyfus et Co. SAS, ainsi que plusieurs personnes physiques, ont formé un recours en rectification d'erreur matérielle contre une décision rendue par le Conseil d'État le 11 décembre 2015, qui avait rejeté leur requête antérieure. Ils ont contesté une décision de la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) datée du 17 mars 2015. Le Conseil d'État a considéré que leur demande de rectification ne répondait pas aux critères posés par la loi et a déclaré le recours irrecevable. De plus, les demandes de compensation financière présentées par la société et le refus d'indemnisation pour l'AMF ont été également rejetés.
Arguments pertinents
1. Recevabilité du recours : Le Conseil d'État a précisé que le recours en rectification d'erreur matérielle est limité à la correction d'erreurs matériellement constatables qui ne proviennent pas des parties. Ainsi, il a rappelé les conditions précises selon lesquelles ce type de recours peut être admis :
> "le recours en rectification d'erreur matérielle… n'est ainsi ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel."
2. Interprétation des moyens : Les requérants prétendaient que leurs arguments n'avaient pas été considérés précisément, mais le Conseil a affirmé qu'il avait requis et écarté le moyen relatif à la méconnaissance de la réglementation appliquée par l'AMF, ce qui signifie que la contestation concernait davantage une interprétation juridique que l'existence d'une erreur matérielle :
> "la décision du Conseil d'État écarte, dans ses motifs, le moyen tiré de ce que les dispositions autorisant les contrôles de l'Autorité des marchés financiers méconnaîtraient les stipulations…"
3. Frais de justice : Le Conseil d'État a également évoqué que, compte tenu du fait que l'AMF n'était pas la partie perdante, il n'était pas justifié d'imposer à cette dernière la somme demandée par les requérants pour couvrir leurs frais :
> "les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Autorité des marchés financiers… la somme que la société Bernheim Dreyfus et Co. SAS et autres demandent au titre des frais exposés…"
Interprétations et citations légales
Dans sa décision, le Conseil d'État a appliqué le Code de justice administrative - Article R. 833-1, qui définit les conditions selon lesquelles une partie peut introduire un recours pour rectification d'erreur matérielle, à savoir :
>"Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification."
Cette interprétation met en lumière que le recours en rectification n'est pas destiné à remettre en cause les analyses juridiques mais seulement à rectifier de véritables erreurs matérielles. Les requérants ayant principalement cherché à contester le raisonnement tout en ne démontrant pas qu'une erreur matérielle avait eu lieu, leur recours a été jugé irrecevable.
Finalement, les textes régissant les frais de justice, tels que le Code de justice administrative - Article L. 761-1, stipulent que les frais exposés ne peuvent être mis à la charge de la partie n'ayant pas perdu, ce qui a conduit à une décision favorable pour l'AMF sur ce point également.