Résumé de la décision
Dans cette affaire, le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt a fait appel d'un jugement du tribunal administratif de Lille qui avait annulé une décision de la commission départementale d'aménagement foncier du Nord en raison de l'absence de publication d'un arrêté désignant ses membres. La cour administrative d'appel de Douai a rejeté cet appel en considérant que le moyen du ministre était inopérant. Toutefois, le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour, en affirmant que la commission pouvait être considérée comme valablement constituée, indépendamment des conditions de publication de l'arrêté, à condition qu'il ait été signé.
Arguments pertinents
1. Constitution de la commission :
- Le ministre soutenait que l'absence de publication de l'arrêté du 15 mai 2007 ne rendait pas la commission incompétente. En effet, le Conseil d'État a relevé que "l'arrêté, qui désignait les membres d'une commission administrative, présentait le caractère d'un acte de nomination prenant effet dès la date de sa signature, indépendamment des conditions de sa publication".
2. Incidence sur la légalité :
- Le Conseil d'État a critiqué la cour administrative d'appel pour avoir écarté le moyen du ministre sur la seule base que les conditions de publication n'affectaient pas la légalité de l'acte, considérant que "la cour a méconnu son office en se fondant sur cette circonstance pour écarter le moyen comme inopérant".
Interprétations et citations légales
Le Conseil d'État a interprété les dispositions du Code rural et de justice administrative en considérant que la publication d’un acte administratif est nécessaire pour la transparence des décisions administratives, mais qu'elle n'impacte pas la légalité des actes déjà en vigueur.
1. Code rural - Article R. 121-9 :
- Cet article stipule que les actes tels que l'arrêté désignant les membres d'une commission doivent faire l'objet d'une publication, mais cela ne peut entraîner une inexécution de dispositions qui, par leur nature, prennent effet dès leur signature.
2. Code de justice administrative :
- Bien que le jugement du tribunal administratif ait mentionné l'absence de légitimité de la commission sur la base de la non-publication, la décision du Conseil d'État souligne que le ministre aurait dû être entendu sur la validité de la nomination, indépendamment de la publication, renforçant ainsi le principe selon lequel un acte de nomination produit ses effets dès sa signature.
Ainsi, la décision souligne l'importance de la régularité des actes administratifs tout en rappelant que leur légalité peut exister même en l'absence de publication, du moment qu'ils respectent les conditions procédurales requises.