Résumé de la décision
M. et Mme A... ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2005 à 2007, à la suite de la remise en cause par l'administration fiscale de déductions opérées sur leurs revenus fonciers, spécifiquement concernant l'amortissement de leur villa à Hyères-les-Palmiers dans le cadre du dispositif "Périssol". Ils ont contesté l'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 12 novembre 2014 qui rejetait leur demande de décharge de ces impositions. Le Conseil d'Etat a annulé cet arrêt en soulignant que la cour n'avait pas examiné si des travaux étaient nécessaires pour la remise en location de l'immeuble, ce qui constituait une erreur de droit. En outre, l'Etat a été condamné à verser 3 000 euros à M. et Mme A... au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Sur l'application des règles d'amortissement : La cour administrative d’appel a rejeté les conclusions des contribuables en se basant uniquement sur l’absence de travaux après le départ du locataire, sans examiner l’indispensabilité de ces travaux à la remise en location. Cela constitue une erreur de droit.
2. Conditions de maintien de l’avantage fiscal : La décision précise que pour conserver l’avantage fiscal lié à l’amortissement "Périssol", il est essentiel que le contribuable prouve avoir effectué toutes diligences nécessaires pour relouer le bien en cas de vacance, comme le stipule l’article 31 du code général des impôts.
Interprétations et citations légales
Le litige a principalement porté sur l’interprétation des termes de l’article 31 du code général des impôts, notamment sa partie concernant la condition de location et les travaux nécessaires.
- Code général des impôts - Article 31 (I) : "Cette location doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure... Le revenu net foncier de l'année au cours de laquelle l'un des engagements n'est pas respecté est majoré du montant des amortissements déduits."
Cette disposition souligne la nécessité de respecter un engagement de location de neuf ans sous peine de devoir réintégrer les déductions d’amortissement. Toutefois, le Conseil d'Etat précise que tout manquement à ces conditions doit être apprécié par rapport aux diligences effectuées par le contribuable pour relouer le bien.
En conclusion, la décision met en lumière l'importance d’une approche plus nuancée dans l'application des dispositifs fiscaux, en tenant compte des circumstances particulières de chaque cas, notamment en ce qui concerne les conditions de remise en location d'un bien immobilier.