Résumé de la décision
La décision concerne la société AuchanHyper SAS, qui a demandé l'agrément fiscal pour des opérations d'apport de titres réalisées en faveur de sociétés basées à Hong Kong. L'administration fiscale a refusé cet agrément, et la société a contesté cette décision devant le tribunal administratif, puis la cour administrative d'appel, qui a confirmé le rejet. La société se pourvoit ensuite en cassation. La décision de la cour administrative d'appel est maintenue, et le pourvoi est rejeté. Les frais légaux ne sont pas mis à la charge de l'État.
Arguments pertinents
1. Exclusion du régime fiscal : La cour a précisé que le régime fiscal prévu par les articles 210 A et 210 B du code général des impôts ne s'appliquait pas lorsque la société apportée ou bénéficiaire de l'apport se situait dans un État sans convention fiscale contenant une clause d'assistance administrative. En conséquence, la cour a jugé que le refus de l'administration fiscale était justifié.
- "Sont exclues des dispositions prévues (...) aux articles (...) 210 A à 210 C (...) les opérations de fusion, de scission et d'apport partiel d'actif n'entrant pas dans le champ d'application de la directive 90 / 434 / CEE." (CGI - Article 210-0 A)
2. Applicabilité de la clause d'assistance : Concernant l'accord entre la France et Hong Kong, la cour a statué que bien que l'accord ait été signé en 2010 et entré en vigueur en 2011, la clause d'assistance administrative n'était applicable qu'aux revenus des exercices débutant après 2011, ce qui excluait celles liées aux plus-values en question.
- "Les dispositions de l'Accord s'appliquent : En ce qui concerne les impôts sur le revenu non perçus par voie de retenue à la source, aux revenus afférents, suivant les cas, à toute année civile ou tout exercice commençant après l'année civile au cours de laquelle l'Accord est entré en vigueur." (Accord France-Hong Kong - Article 28)
Interprétations et citations légales
La décision exploite plusieurs concepts juridiques fondamentaux des obligations fiscales :
1. Convention fiscale et clause d’assistance administrative : L'application de la convention fiscale entre la France et Hong Kong est centrale, et la cour met en lumière l'importance de la clause d'assistance dans l'interprétation des exclusions fiscales.
- La non-applicabilité de cette clause pour les plus-values réalisées avant l'entrée en vigueur de l'accord établit un précédent sur la temporalité des lois fiscales et des conventions.
2. Exclusion des opérations : L'article 210-0 A du CGI est utilisé pour justifier le refus d'agrément, illustrant l'interprétation restrictive des règlements fiscaux, en particulier en lien avec les États considérés comme non cohérents en matière de transparence fiscale.
- La cour souligne que le cadre légal rend les opérations dépendantes des conventions fiscales existantes et en vigueur au moment des transactions.
En conclusion, la décision maintient que les principes d'exclusion des régimes de faveur, comme stipulé dans le CGI, s'appliquent strictement et que le cadre législatif peut avoir un impact rétroactif sur les décisions fiscales, mettant en avant l'importance de la clarté dans la législation fiscale.