Résumé de la décision
La Cour d'appel de Rouen a rendu une ordonnance le 2 juin 2022 concernant un incident dans le cadre d'un appel interjeté par M. [I] contre un jugement du tribunal judiciaire du Havre, qui avait prononcé la dissolution de la SCI Flolio. M. [I] demandait la condamnation de Mme [G] à produire des justificatifs de paiement d'une somme de 4680 euros qu'elle aurait réglée pour le compte de la SCI. Mme [G] a affirmé ne plus avoir ces justificatifs. La Cour a rejeté la demande de M. [I] de produire des pièces sous astreinte, considérant qu'il ne pouvait être exigé de produire un document qui n'existe plus. De plus, la demande de M. [I] au titre de l'article 700 du code de procédure civile a également été rejetée.
Arguments pertinents
1. Inexistence du justificatif : La Cour a souligné que Mme [G] ne pouvait pas être contrainte de produire un justificatif qu'elle ne possède plus. Cela repose sur le principe selon lequel il est impossible d'exiger la production d'une pièce qui n'existe pas. La décision précise : « il ne saurait lui être enjoint de produire une pièce qui n'existe plus ».
2. Relations contentieuses : La Cour a également pris en compte la nature des relations entre les parties, qui sont décrites comme particulièrement contentieuses, ce qui a conduit à un rejet de la demande de M. [I] au titre de l'article 700 du code de procédure civile. La décision indique que « les faits de l'espèce [...] s'opposent à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article 700 ».
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure civile - Article 907 : Cet article traite des obligations de production de pièces dans le cadre d'une procédure judiciaire. La Cour a interprété cet article en considérant que la production d'une pièce inexistante ne peut être exigée, ce qui est en accord avec le principe de la bonne foi dans les relations procédurales.
2. Code de procédure civile - Article 700 : Cet article permet à une partie de demander le remboursement des frais engagés pour la procédure. La Cour a estimé que, compte tenu des relations conflictuelles entre les parties, il n'était pas justifié d'accorder une indemnité à M. [I]. La décision précise que « chacune des parties supportera les dépens qu'elle a engagé au titre du présent incident », ce qui reflète une approche équilibrée face à la situation contentieuse.
En somme, la décision de la Cour d'appel de Rouen repose sur des principes fondamentaux de la procédure civile, notamment l'impossibilité d'exiger la production de documents inexistants et la prise en compte des relations conflictuelles entre les parties dans l'attribution des frais de justice.