Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 7 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [X] [B], un ressortissant malien retenu dans un centre de rétention. L'appel visait à contester une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris, qui avait prolongé son maintien en rétention pour une durée maximale de 30 jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant que les arguments avancés par M. [X] [B] ne pouvaient prospérer en raison de l'absence de perspectives d'éloignement à court terme, qui était due à son propre comportement.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur plusieurs points juridiques :
1. Irrecevabilité de l'appel : L'appel a été jugé manifestement irrecevable en vertu de l'article R. 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée. La Cour a noté que l'absence de perspectives d'éloignement à bref délai ne pouvait pas être retenue comme un argument valable, car elle résultait de l'obstruction de l'intéressé.
2. Obstruction à l'éloignement : La Cour a souligné que M. [X] [B] ne justifiait pas d'un passeport valide et que les autorités consulaires maliennes ne l'avaient pas reconnu comme un de leurs ressortissants. De plus, il avait refusé de s'exprimer devant les autorités consulaires de Côte d'Ivoire. Cela a conduit à la conclusion que l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement était due à son propre comportement.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 743-11 : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel sans convocation préalable des parties, considérant que l'appel était manifestement irrecevable.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 742-4 : Cet article précise que l'impossibilité d'exécuter une mesure d'éloignement ne peut être invoquée si elle résulte de l'obstruction de l'intéressé. La Cour a interprété cet article pour conclure que M. [X] [B] ne pouvait pas se prévaloir de l'absence de perspectives d'éloignement, car celle-ci était directement liée à son comportement.
En somme, la Cour a appliqué les dispositions légales de manière stricte, soulignant la responsabilité de l'intéressé dans la situation de rétention et justifiant ainsi l'irrecevabilité de son appel.