Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par le Procureur général contre un jugement du Tribunal de police de Nîmes qui avait relaxé X... d'une poursuite pour infraction au Code du travail, suite à un accident survenu à un ouvrier travaillant sur une toiture. Le tribunal avait estimé que X... avait fourni à son ouvrier tout le matériel nécessaire et qu'il ne pouvait pas être tenu de surveiller constamment le chantier. La Cour de cassation a annulé ce jugement, considérant que le chef d'entreprise a l'obligation de veiller personnellement à la sécurité de ses employés et que les dispositions réglementaires sont impératives.
Arguments pertinents
1. Obligation de sécurité : La Cour a souligné que le chef d'entreprise doit veiller à la stricte exécution des prescriptions réglementaires concernant la sécurité des travailleurs. Elle a affirmé que "les dispositions ci-dessus rappelées du texte visé par la poursuite sont impératives", ce qui implique que la responsabilité du chef d'entreprise ne peut être excusée par le fait qu'il ait fourni du matériel adéquat.
2. Violation des textes : La Cour a constaté que le juge de police avait admis une excuse à une contravention régulièrement constatée, ce qui constitue une violation des articles du Code du travail et du Code pénal. En effet, "il appartient au chef d'entreprise de veiller personnellement à la stricte exécution des prescriptions réglementaires destinées à assurer la protection et la sécurité de son personnel".
Interprétations et citations légales
1. Code pénal - Article 65 : Cet article stipule qu'aucune infraction ne peut être excusée, sauf dans les cas où la loi le prévoit. Cela signifie que la responsabilité pénale du chef d'entreprise est engagée en cas de non-respect des obligations de sécurité, indépendamment des circonstances.
2. Code du travail - Article 173 : Cet article prévoit des sanctions pour les chefs d'établissement qui ne respectent pas les dispositions relatives à la sécurité des travailleurs. La Cour a rappelé que cet article impose une obligation claire et non négociable de conformité aux règles de sécurité.
3. Décret du 9 août 1925 - Article 49, alinéa 3 : Ce décret impose des règles spécifiques concernant le travail sur des matériaux fragiles, stipulant que les ouvriers doivent travailler sur des échafaudages ou des plateformes pour éviter les accidents. La Cour a souligné que ces dispositions sont impératives et doivent être strictement respectées par le chef d'entreprise.
En somme, la décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance de la responsabilité des employeurs en matière de sécurité au travail, en affirmant que les obligations réglementaires doivent être scrupuleusement respectées pour protéger les travailleurs.