Résumé de la décision
Dans cette affaire, un terrain situé à Rennes, appartenant à X..., a été requis par l'État depuis 1939 pour loger des réfugiés, puis par l'Office national des anciens combattants. Un arrêté préfectoral de 1949 a maintenu cette réquisition. Après l'expiration du délai de quatre ans prévu par la loi du 15 avril 1953, X... a engagé une action en mai 1960 pour obtenir la restitution de son terrain et une indemnité d'occupation. La cour d'appel a jugé en faveur de X..., affirmant que l'État occupait le terrain sans titre depuis le 15 avril 1957, car aucune nouvelle réquisition n'avait été prononcée. Le pourvoi formé par l'État a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Compétence des juridictions judiciaires : La cour d'appel a précisé qu'elle ne s'est pas prononcée sur la légalité de l'ordre de réquisition, mais a interprété les dispositions législatives pertinentes. Elle a déclaré : « L'arrêt attaqué ne s'est livré à aucune appréciation de la légalité ou de la validité de l'ordre de réquisition, mais s'est borné à préciser le sens et la portée de dispositions législatives. »
2. Occupation sans titre : La cour a établi que l'État était devenu un « occupant sans droit ni titre » après le 15 avril 1957, en l'absence de nouvelle réquisition. Elle a affirmé que « l'État ne pouvait prétendre se maintenir dans les lieux sans commettre une voie de fait. »
Interprétations et citations légales
1. Article 5 de la loi du 15 avril 1953 : Cet article stipule que les terrains occupés doivent être restitués aux propriétaires « au plus tard quatre ans après la promulgation de la présente loi, sauf accord amiable ou, à défaut, réquisition déjà prononcée ou pouvant être prononcée par le préfet avant l'expiration de ce délai. » La cour a interprété cet article pour conclure qu'une nouvelle réquisition était nécessaire avant le 15 avril 1957 pour justifier la continuation de l'occupation par l'État.
2. Voie de fait : La cour a utilisé la notion de « voie de fait » pour qualifier l'occupation de l'État après l'expiration du délai légal. Cela souligne que l'absence de titre légal pour l'occupation entraîne des conséquences juridiques sérieuses pour l'État.
En résumé, la décision de la cour d'appel repose sur une interprétation stricte des délais et des conditions de réquisition, affirmant la nécessité d'une nouvelle réquisition pour justifier l'occupation d'un bien immobilier par l'État.