Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant X... aux Établissements Bergougnan, la Cour a été saisie d'un pourvoi concernant le refus de considérer le paiement des jours fériés chômés comme un avantage acquis. Le jugement attaqué a été rendu par le Conseil des Prud'hommes de Clermont-Ferrand le 6 avril 1962. La Cour a rejeté le pourvoi, confirmant que les juges du fond avaient correctement constaté que le paiement des jours fériés n'était pas constant et régulier, et qu'il ne pouvait donc pas être considéré comme un avantage incontestablement acquis.
Arguments pertinents
1. Incertitude sur les paiements : Les juges du fond ont relevé que, bien que X... ait affirmé que les Établissements Bergougnan avaient payé tous les jours fériés pendant sept ans, cette affirmation était contredite par les faits. Ils ont constaté que la direction affichait une note de service avant chaque jour férié pour indiquer si la journée serait payée ou non, ce qui introduisait une incertitude quant à la régularité des paiements.
2. Nature des paiements : Les juges ont également noté que, même si les Établissements avaient parfois payé plus de cinq jours fériés par an, ces paiements étaient considérés comme des "paiements bénévoles" et non comme une obligation légale. Cela signifie que ces paiements ne pouvaient pas être interprétés comme un droit acquis.
3. Absence de contestation formelle : L'absence de contestation formelle de la part de l'employeur sur le caractère acquis des avantages existants a été soulignée, mais cela ne suffisait pas à établir que les paiements étaient constants et réguliers.
Interprétations et citations légales
1. Article 3 de la Convention collective nationale du 6 mars 1953 : Cet article stipule que le paiement de certains jours fériés est obligatoire. Cependant, les juges ont interprété que le caractère "incontestablement acquis" des avantages ne peut être établi que si les paiements sont constants et réguliers, ce qui n'était pas le cas ici.
2. Article 31A du Livre 1er du Code du travail : Cet article traite des avantages acquis et de leur maintien lors de la mise en œuvre de nouvelles conventions collectives. Les juges ont conclu que, dans cette affaire, il n'y avait pas de maintien d'un avantage acquis, car l'incertitude sur les paiements ne permettait pas de considérer ceux-ci comme tels.
Citation pertinente : "Le doute qui subsistait sur la constance et la régularité des paiements ne permettait pas de les considérer comme un avantage incontestablement acquis." Cela souligne l'importance de la régularité dans l'établissement des droits des travailleurs.
En conclusion, la décision de la Cour repose sur une analyse minutieuse des faits et des preuves, mettant en avant l'importance de la constance et de la régularité des paiements pour établir un droit acquis.