Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la Société d'Impressions sur Étoffes du Grand-Lemps à la Fabrique de Soieries Roger Cheval, la Cour d'appel de Lyon a infirmé la décision de première instance en condamnant la société d'impressions pour ne pas avoir respecté le délai de livraison convenu pour des pièces de tissu. La Cour a ordonné une expertise pour évaluer le préjudice subi par la Fabrique de Soieries Roger Cheval. La question centrale était de savoir si l'accord explicite des parties sur la date de livraison annulait la clause des conditions générales du marché, qui stipulait que l'indication d'une date n'avait pas de caractère obligatoire.
Arguments pertinents
1. Sur la validité de l'accord sur la date de livraison : La Cour a constaté que, bien que les conditions générales stipulaient que l'indication d'une date n'était pas obligatoire, les parties avaient convenu d'une date précise de livraison. L'arrêt précise que "l'imprimeur, dont l'attention avait été appelée sur l'urgence, a substitué à la convention un engagement précis sur la date de livraison".
2. Sur l'interprétation des clauses contractuelles : La Cour a affirmé que les juges du fond n'avaient pas dénaturé la clause litigieuse, en soulignant qu'ils avaient exercé leur pouvoir souverain d'interprétation. En effet, ils ont relevé que la société destinataire avait marqué son accord sur le délai, ce qui a conduit à la conclusion que l'engagement pris par l'imprimeur était valide.
3. Sur la force obligatoire des engagements contractuels : L'arrêt souligne que l'accord explicite des parties sur un délai de livraison a une portée juridique, même en présence d'une clause qui pourrait sembler limiter cette obligation. Cela démontre l'importance de la volonté des parties dans l'interprétation des contrats.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation des clauses contractuelles et la volonté des parties. La Cour a mis en avant que :
- La clause litigieuse stipule que "les ordres seront exécutés dans le plus bref délai possible, mais sans engagement de la part du manutentionneur". Cependant, la Cour a jugé que cette clause ne s'appliquait pas dans le cas présent, car un engagement explicite avait été pris par l'imprimeur.
- La notion d'accord explicite : La Cour a noté que "la société destinataire a marqué son accord contractuel sur le délai", ce qui a permis de valider l'engagement pris par l'imprimeur.
- Code civil - Article 1134 : Cet article stipule que "les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites". Cela signifie que l'accord sur la date de livraison, bien que contraire à la clause générale, est contraignant pour les parties.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Lyon illustre l'importance de l'accord explicite entre les parties dans l'exécution des obligations contractuelles, même en présence de clauses générales qui pourraient sembler en contradiction.