Résumé de la décision
En 1950, X et Y, entrepreneurs, construisent une maison pour Z. En 1958, Z découvre que les bois de charpente sont infestés par le capricorne des maisons, un insecte ravageur. Il engage la responsabilité décennale des entrepreneurs, qui, à leur tour, appellent en garantie A, fournisseur des bois. La cour d'appel, après expertise, retient la responsabilité des entrepreneurs et met A hors de cause. Les entrepreneurs contestent cette décision, mais la Cour de cassation rejette leur pourvoi, confirmant la décision de la cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Responsabilité décennale : La cour d'appel a conclu que les dommages résultant d'un vice affectant les gros ouvrages engageaient la responsabilité des entrepreneurs selon l'article 1792 du Code civil. La cour a noté que le cycle ravageur des larves du capricorne dure moins de dix ans, ce qui signifie qu'il était impossible d'affirmer que les bois étaient contaminés avant leur mise en œuvre. Cette analyse a permis de conclure à la responsabilité des entrepreneurs.
> "Il n'est pas possible d'affirmer que les bois dont s'agit étaient déjà contaminés avant leur mise en œuvre."
2. Absence de vice caché : Concernant la responsabilité d'A, la cour a précisé qu'en l'absence de certitude sur l'existence des parasites lors de la livraison, il n'était pas possible de retenir que les bois étaient affectés d'un vice caché. Cela répondait aux conclusions des entrepreneurs et justifiait la décision de la cour d'appel.
> "En l'absence de toute certitude sur l'existence des parasites dans les bois, lors de la livraison, il n'est pas possible de retenir que les bois dont s'agit auraient été affectés à ce moment d'un vice caché."
Interprétations et citations légales
1. Article 1792 du Code civil : Cet article établit la responsabilité décennale des entrepreneurs pour les dommages affectant les gros ouvrages. La cour d'appel a appliqué cet article en constatant que les dommages étaient dus à un vice des matériaux utilisés, ce qui engageait la responsabilité des entrepreneurs.
> "Les entrepreneurs en étaient responsables par application de l'article 1792 du Code civil."
2. Absence de vice caché : La cour a interprété la notion de vice caché en se basant sur l'absence de preuves concernant l'état des bois au moment de la livraison. Cela souligne l'importance de la charge de la preuve dans les litiges relatifs aux vices cachés.
> "Il n'est pas possible de retenir que les bois dont s'agit auraient été affectés à ce moment d'un vice caché, même inconnu du vendeur."
En conclusion, la décision de la cour d'appel a été confirmée par la Cour de cassation, qui a rejeté le pourvoi des entrepreneurs, considérant que les juges avaient correctement appliqué les principes de responsabilité décennale et de vice caché.