Résumé de la décision
La Cour de cassation a rendu une décision partielle sur les pourvois de M. André X... et de Dame Juliette Y..., parties civiles, contre un arrêt de la Cour d'appel de Grenoble du 23 avril 1964. Cet arrêt avait statué sur les intérêts civils dans le cadre d'une poursuite pour blessures involontaires contre M. Z.... La Cour de cassation a cassé l'arrêt en ce qui concerne les intérêts civils alloués à Dame Y..., tout en maintenant les autres dispositions de l'arrêt.
Arguments pertinents
1. Responsabilité partagée : La Cour d'appel avait établi que la responsabilité des conséquences dommageables de l'accident incombait pour trois quarts à M. X... et pour un quart à M. Z..., en considérant que ce dernier n'avait pas violé les obligations de prudence en ne vérifiant pas son rétroviseur avant de changer de direction. La Cour de cassation a jugé que cette interprétation était erronée, car elle a constaté que M. Z... avait effectivement commis une faute en empiétant sur la partie gauche de la route.
> "L'arrêt attaqué n'a pu sans contradiction admettre que le sieur Z... avait commis une faute en empiétant prématurément sur la partie gauche de la route."
2. Droit à réparation : Concernant les dommages-intérêts alloués à Dame Y..., la Cour a souligné qu'aucune faute n'avait été retenue à son encontre. Par conséquent, il n'était pas justifié de lui opposer un partage de responsabilité qui réduisait le montant de l'indemnisation.
> "Aucun texte de loi ne leur permettait de laisser à la charge de cette dernière, alors qu'aucune faute n'a été retenue à son encontre, une partie du dommage qu'elle avait subi par le fait du prévenu."
Interprétations et citations légales
1. Code de la route - Article R 6 : Cet article impose au conducteur qui souhaite changer de direction de s'assurer qu'il peut le faire sans danger. La Cour de cassation a interprété que la Cour d'appel avait mal appliqué cette obligation, en considérant que M. Z... n'avait pas besoin de vérifier son rétroviseur.
> "L'article R 6 du Code de la route prévoit deux obligations concomitantes et impératives à la charge du conducteur qui veut apporter un changement important à la direction de son véhicule."
2. Code civil - Article 1382 : Cet article stipule que tout individu déclaré coupable d'une infraction est tenu de réparer le préjudice causé. La Cour de cassation a rappelé que, même en cas de partage de responsabilité entre les victimes, cela ne devait pas affecter le droit à réparation de la victime qui n'a commis aucune faute.
> "Tout individu déclaré coupable d'une infraction est tenu de réparer pour le tout le préjudice qui en résulte pour une victime à l'encontre de qui aucune faute n'est retenue."
3. Code de procédure pénale - Article 2 : Cet article est mentionné en lien avec le respect des droits des parties civiles dans le cadre des procédures pénales. La Cour a souligné que le partage des responsabilités ne devait pas réduire les droits de la victime qui n'a pas contribué à l'accident.
Ces éléments montrent que la Cour de cassation a veillé à garantir le droit à réparation des victimes innocentes, tout en clarifiant les obligations des conducteurs en matière de sécurité routière.