Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Robert Levitan contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris, daté du 20 octobre 1967, qui l'avait condamné à cinq amendes de 60 francs chacune pour infractions au Code du travail. Levitan, président-directeur général des Établissements Levitan, avait été sanctionné pour avoir fait travailler cinq chefs de service le samedi et le lundi suivant, en violation des dispositions réglementaires sur la durée du travail dans les entreprises commerciales non alimentaires. La Cour d'appel avait confirmé la condamnation, estimant que les textes applicables s'appliquaient à l'ensemble du personnel, sans distinction.
Arguments pertinents
1. Application des textes réglementaires : La Cour d'appel a jugé que le décret du 30 mai 1952 ne faisait aucune discrimination entre les salariés et s'appliquait à tous, y compris aux cadres supérieurs. La décision souligne que "le décret du 30 mai 1952 ne fait aucune discrimination entre les salariés et s'applique sans distinction à l'ensemble du personnel".
2. Responsabilité de l'employeur : La Cour a également précisé que la responsabilité de l'application des horaires et du respect des jours de repos incombe à l'employeur, même si les chefs de service avaient organisé leur propre repos. Elle a affirmé qu'il appartenait à l'employeur de faire respecter les dispositions légales, ce qui est souligné par le fait que "le jour de repos que les salariés prendraient en semaine doit être accolé au dimanche".
3. Interprétation des décrets : La Cour a fait référence à des décrets spécifiques qui précisent que les dispositions sur la durée du travail s'appliquent à l'ensemble du personnel, y compris le personnel dirigeant, ce qui a été un point central dans le rejet du pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Code du travail - Article 165 et 166 : Ces articles régissent la durée du travail et les modalités d'application des décrets relatifs à la semaine de 40 heures. La Cour a interprété ces articles comme s'appliquant à tous les employés, sans distinction de statut.
2. Décret du 31 mars 1937 : Ce décret précise que "le jour de repos que les salariés prendraient en semaine doit être accolé au dimanche". La Cour a souligné que cette règle s'applique également aux chefs de service, ce qui a été un point de contestation dans le pourvoi.
3. Décret du 30 mai 1952 : Ce décret, modifiant les dispositions précédentes, a été interprété par la Cour comme ne faisant pas de distinction entre les différents types de personnel, renforçant ainsi la responsabilité de l'employeur dans le respect des horaires de travail.
4. Article 5, paragraphe 2 du décret : Cet article mentionne les dérogations accordées au chef d'entreprise, mais la Cour a précisé que ces dérogations ne s'appliquent pas aux violations constatées dans le cas de Levitan.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des textes réglementaires en matière de durée du travail, affirmant que la responsabilité de l'application de ces règles incombe à l'employeur, sans possibilité de dérogation pour le personnel dirigeant dans le cas présent.