Résumé de la décision
La Cour de Cassation a été saisie par le Procureur Général près la Cour de Cassation, à la demande du Garde des Sceaux, pour annuler l'arrêt de la Cour d'Appel de Montpellier du 28 février 1968. Cet arrêt avait condamné un individu, nommé X... (Raymond), à quatre mois d'emprisonnement pour proxénétisme, tout en réduisant la durée de l'interdiction de paraître prévue par l'article 335-3 du Code pénal et en limitant cette interdiction à l'arrondissement de Béziers. La Cour de Cassation a jugé que la Cour d'Appel avait fait une fausse application de la loi en ne respectant pas les dispositions obligatoires de l'article 335-3.
Arguments pertinents
1. Application stricte de l'article 335-3 : La Cour de Cassation a souligné que l'interdiction de paraître dans le ou les départements où les faits ont été commis est nécessairement encourue par tout délinquant condamné à l'emprisonnement pour les infractions visées par les articles 334, 334-1 et 335 du Code pénal. Les juges ne peuvent écarter cette interdiction que pour les condamnés non récidivistes.
2. Incompétence de la Cour d'Appel : La Cour a affirmé que la Cour d'Appel n'était pas habilitée à modifier la durée et l'étendue de l'interdiction de paraître telle que prévue par la loi. En statuant ainsi, la Cour d'Appel a faussement appliqué l'article 335-3.
3. Conséquences de la décision : En conséquence, la Cour de Cassation a cassé et annulé l'arrêt de la Cour d'Appel dans l'intérêt de la loi, sans renvoi, tout en maintenant les autres dispositions de l'arrêt.
Interprétations et citations légales
- Article 335-3 du Code pénal : Cet article stipule que "l'interdiction de paraître dans le ou les départements où les faits ont été commis, pendant un temps égal au double de la peine d'emprisonnement prononcée, est nécessairement encourue par tout délinquant condamné à l'emprisonnement". Cette disposition est impérative et ne laisse pas de place à l'interprétation ou à la discrétion des juges, sauf pour les condamnés non récidivistes.
- Code de procédure pénale - Article 620 : Cet article permet à la Cour de Cassation d'intervenir dans l'intérêt de la loi pour corriger les erreurs de droit commises par les juridictions inférieures. La Cour a utilisé cet article pour justifier sa décision de casser l'arrêt de la Cour d'Appel.
En résumé, la décision de la Cour de Cassation repose sur une interprétation stricte des dispositions légales concernant l'interdiction de paraître, affirmant que les juges n'ont pas la latitude de modifier les peines prévues par la loi, ce qui a conduit à l'annulation de l'arrêt de la Cour d'Appel.