Résumé de la décision
Le 21 juillet 1964, les dames Y... et Z..., propriétaires de la ferme de la Sablonnerie à Évron (Mayenne), ont notifié à la SAFER du Maine leur intention de vendre leur domaine. Le 19 août 1964, la SAFER a exercé son droit de préemption. Cependant, Loison, un voisin et exploitant, a également revendiqué un droit d'acheteur préférentiel en vertu de l'article 7 IV de la loi du 8 août 1962. La cour d'appel a confirmé le droit de préemption de la SAFER, considérant que l'acquisition par Loison entraînerait un cumul abusif d'exploitation, dépassant la surface maximale autorisée.
Arguments pertinents
1. Droit de préemption de la SAFER : La cour d'appel a jugé que Loison ne pouvait pas bénéficier de l'exception au droit de préemption de la SAFER, car son acquisition porterait sa surface totale à 47 hectares, dépassant ainsi la limite de 40 hectares fixée par l'arrêté préfectoral. La cour a affirmé : "L'acquisition envisagée porterait son exploitation à 47 hectares, superficie supérieure à celle de 40 hectares fixée par l'arrêté préfectoral."
2. Intention d'exploiter : La cour a également conclu que Loison avait l'intention d'exploiter le terrain lui-même plutôt que de renouveler le bail des preneurs en place, ce qui aurait contredit son engagement initial. La cour a noté que les preneurs avaient demandé une simple prorogation de leur bail pour trois ans, ce qui indiquait que Loison ne comptait pas poursuivre l'exploitation par eux.
3. Validité de la notification : La cour a rejeté l'argument selon lequel la notification faite par le notaire était nulle, précisant que le décret du 20 octobre 1962 ne prévoyait aucune sanction pour inobservation de cette formalité.
Interprétations et citations légales
- Article 7 IV de la loi du 8 août 1962 : Cet article stipule que les acquisitions faites par des propriétaires ou exploitants voisins ne peuvent faire l'objet d'un droit de préemption de la SAFER, à condition que l'exploitation résultante soit inférieure à la surface maximale autorisée. La cour a interprété cet article en soulignant que "cette exception au droit de préemption de la SAFER ne saurait garder sa valeur d'application si elle devait aboutir à un cumul abusif d'exploitation."
- Code rural - Article 188-111 : Cet article fixe la surface globale maximum que peut détenir un exploitant dans le département de la Mayenne. La cour a appliqué cet article pour déterminer que l'acquisition par Loison dépasserait la limite légale, ce qui justifiait l'exercice du droit de préemption par la SAFER.
En conclusion, la décision de la cour d'appel repose sur une interprétation stricte des dispositions légales concernant le droit de préemption et la limitation des surfaces agricoles, tout en tenant compte des intentions réelles des parties impliquées dans la transaction.