Résumé de la décision
Dans cette affaire, un militaire américain, Livingstone, a causé la mort de plusieurs personnes dans un accident de voiture alors qu'il pilotait le véhicule d'un autre militaire, Summer. Les proches des victimes ont demandé réparation à l'État français, invoquant l'article VIII, alinéa 5, de la Convention de Londres du 19 juin 1951. La Cour d'appel a sursis à statuer sur la demande de l'État français de non-recevoir, en attendant qu'un arbitre désigné par les États d'origine et de séjour statue sur la question de savoir si Livingstone était en service au moment de l'accident. L'État français a contesté cette décision, arguant que la question avait déjà été résolue par les deux États concernés. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant la décision de la Cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Compétence de l'arbitre : La Cour a souligné que, selon l'article VIII, alinéa 8, de la Convention, en cas de contestation sur la question de savoir si un acte dommageable a été accompli dans l'exécution du service, l'affaire doit être portée devant un arbitre. La Cour a noté que les documents présentés ne permettaient pas de trancher cette question, ce qui justifiait le renvoi à l'arbitre.
> "S'IL Y A CONTESTATION SUR LE POINT DE SAVOIR SI L'ACTE DOMMAGEABLE [...] ONT ETE ACCOMPLIS DANS L'EXECUTION DU SERVICE, L'AFFAIRE EST PORTEE DEVANT UN ARBITRE."
2. Absence de certitude sur le statut de service : La Cour a constaté qu'il n'y avait pas de précisions suffisantes sur les circonstances de l'accident, ce qui rendait les allégations des demandeurs concernant le statut de service des militaires sérieux et dignes d'être examinées par un arbitre.
> "ON NE SAURAIT DONC REJETER COMME NON SERIEUSES LES ALLEGATIONS DES DEMANDERESSES."
Interprétations et citations légales
L'article VIII de la Convention de Londres du 19 juin 1951 est central dans cette décision. Il établit les règles concernant la responsabilité des membres des forces armées en cas d'accident. L'alinéa 8 précise que les contestations relatives à l'exécution du service doivent être tranchées par un arbitre, ce qui souligne l'importance de la procédure arbitrale dans les relations entre États.
- Convention de Londres - Article VIII, alinéa 8 : "S'IL Y A CONTESTATION SUR LE POINT DE SAVOIR SI L'ACTE DOMMAGEABLE [...] ONT ETE ACCOMPLIS DANS L'EXECUTION DU SERVICE, L'AFFAIRE EST PORTEE DEVANT UN ARBITRE."
Cette décision met en lumière l'importance de la coopération internationale et des mécanismes de règlement des différends dans le cadre des relations militaires, ainsi que la nécessité d'une procédure adéquate pour déterminer la responsabilité en cas d'accident impliquant des militaires en service. La Cour a ainsi affirmé que la question de savoir si le militaire était en service au moment de l'accident était une question de droit public international qui ne pouvait être tranchée que par l'arbitre désigné, confirmant ainsi le respect des dispositions de la Convention.