Résumé de la décision
M. A E a contesté l'arrêté du préfet de la Gironde du 16 janvier 2023, qui a abrogé son autorisation d'ouverture d'un élevage non professionnel d'animaux d'espèces non domestiques, initialement accordée par un arrêté du 19 janvier 2015. Il a soutenu que l'arrêté contesté était irrégulier en raison de l'illégalité de la mise en demeure du 6 avril 2022, qu'il ne détenait plus d'animaux non domestiques, et qu'il était entaché d'erreurs d'appréciation. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que la mise en demeure était fondée et que M. E avait toujours la possibilité d'accueillir des animaux.
Arguments pertinents
1. Sur la légalité de la mise en demeure : Le tribunal a jugé que, bien que M. E ne détenait plus d'animaux non domestiques au moment de la mise en demeure, il avait toujours l'autorisation d'en accueillir. Ainsi, l'arrêté du 6 avril 2022 ne pouvait pas être considéré comme entaché d'une erreur de droit. Le tribunal a affirmé que "la circonstance que la mise en demeure vise les articles L. 413-2, L. 413-3, R. 413-2 et R. 413-20 du code de l'environnement (...) ne peut être utilement invoquée".
2. Sur la connaissance des prescriptions : Le tribunal a également noté que M. E avait été informé des éléments qui lui étaient reprochés par le rapport d'inspection du 15 février 2022, ce qui lui permettait de se conformer aux prescriptions de la mise en demeure. Il a souligné que "la saisie qui a eu lieu en janvier 2022 ne conduisait pas à retirer l'arrêté autorisant la détention d'espèces non domestiques".
Interprétations et citations légales
1. Code de l'environnement - Article L. 413-2 : Cet article stipule que "les responsables des établissements d'élevage d'animaux d'espèces non domestiques (...) doivent être titulaires d'un certificat de capacité pour l'entretien de ces animaux". Le tribunal a interprété cet article comme imposant une obligation de conformité aux prescriptions, même en l'absence d'animaux, tant que l'autorisation d'en accueillir était toujours en vigueur.
2. Code de l'environnement - Articles L. 413-3, R. 413-2 et R. 413-20 : Ces articles, qui complètent les obligations des responsables d'établissements d'élevage, ont été cités pour justifier la mise en demeure. Le tribunal a considéré que la mise en demeure était légitime, car elle visait à garantir le respect des normes de sécurité et de bien-être animal, indépendamment de la présence effective d'animaux.
En conclusion, le tribunal a rejeté la requête de M. E, confirmant la légalité de l'arrêté du préfet et la validité de la mise en demeure, tout en soulignant que le requérant avait eu connaissance des prescriptions et des obligations qui lui incombaient.